Je vous livre ici mes impressions sur Days Gone, la dernière exclusivité de Sony, développée par Bend Studio, sur PlayStation 4.

Bend Studio

Vous ne connaissez peut être pas Bend Studio mais sachez que Days Gone n’est pas leur premier jeu. Bend Studio a toujours développé des exclusivités PlayStation, et notamment une licence phare : Syphon Filter. Pour la petite histoire, Bend Studio s’appelait avant son rachat en 2000 par Sony, Eldetic. A l’époque déjà, Eldetic avait publié 2 opus de la licence de Syphon Filter sur la première PlayStation.

Ce n’est finalement qu’en 2009 qu’une nouvelle licence voit le jour, Resistance : Retribution, sur PsP. Plus tard avec l’arrivée de la PS Vita, le studio s’est occupé de réaliser un épisode d’Uncharted (Golden Abyss), préquel au premier opus de la PlayStation 3.

La même année, un jeu de cartes de la même licence, Fight For Fortune, paraîtra. 7 ans après, Bend Studio livre leur première exclusivité sur PS4, Days Gone.

Il était une fois dans l’Oregon

Days Gone se déroule dans les contrées de l’Oregon. Pour la petite anecdote, Bend Studio est lui-même basé dans l’Oregon. Le jeu nous introduit très rapidement le contexte de l’histoire. On y voit Deacon St John et Boozer, son ami, échapper à une attaque ennemie. En voulant aider une petite fille, Sarah, la femme de Deacon est poignardée et lourdement blessé.

Pour Deacon, la seule solution pour sauver sa femme, est de la mettre dans un des hélicoptères du NERO, une organisation scientifique, analysant les causes et les effets de la mutation des habitants en freakers. Mais pour sauver également Boozer, mal en point, le biker ne montera pas avec sa femme. A partir de ce moment la vie des deux motards va basculer.

Une grosse partie du jeu traitera essentiellement de savoir ce qu’il est advenu de Sarah cette nuit-là. A-t-elle survécu ? Est-elle morte ? A-t-elle été transformée en mutant ? Ou peut-être que vous n’en saurez rien…

Il faut jouer à Days Gone pour en savoir plus.

Une histoire entremêlée de plusieurs scénarios

Même si l’introduction est assez claire dans sa compréhension, je l’ai trouvé vite expédiée. J’ai vraiment eu du mal à éprouver de l’empathie pour Deacon malgré qu’il soit très humain. Au fur et à mesure que le scénario avance, on arrive à comprendre Deacon, ses traits de caractère, mais nombreuses de ses actions (que soit en gameplay ou dans les cinématiques) viennent contredire la personnalité montrée. Peut-être est-ce dû au doublage, aux lignes de dialogue ? Peut-être aurait-il fallu mieux montrer l’évolution de la personnalité de Deacon ?

J’ai joué l’intégralité de la partie en français et j’ai trouvé que globalement les personnages étaient bien joués, surtout Iron Mike.

Très vite, on vous familiarise avec le gameplay et le système de progression de scénarios. Les scénarios sont découpés en plusieurs catégories (visibles dans le menu associé, affichable via le pavé tactile). Ainsi, terminer une mission, une quête annexe, peut faire progresser à la fois le scénario principal mais aussi un scénario secondaire, voir même plusieurs histoires annexes. A cela s’ajoute un scénario « de région », qui consiste à compléter toutes les activités, ramasser tous les collectibles d’une région.

En voulant donner une liberté totale de progression aux joueurs, Bend Studio s’est perdu en route, et a éclaté l’histoire principale. C’est parfois assez dérangeant. En revanche toutes les missions secondaires, ont forcément un lien avec l’histoire principale. Qui plus est, elles sont toutes scénarisées, via des cutscenes ou non.

Le fil directeur de Days Gone est découpé en 3 actes, correspondant à 3 grosses zones de la carte du jeu. Il arrive parfois que les précédentes zones soient bloquées mais ne vous inquiétez pas, vous pourrez parcourir l’ensemble de l’Oregon une fois le jeu terminé.

Un gameplay inspiré

Ce n’est un secret pour personne, Bend Studio s’est inspiré de plusieurs licences pour créer Days Gone : The Last of Us, Horizon Zero Dawn, Mad Max, et d’autres. Si vous avez joué à ces jeux, vous ne serez pas surpris.

Les déplacements de Deacon sont dans l’ensemble réalistes, et même si l’on peut s’accroupir ou grimper à des endroits prévus à cet effet, vous ne pourrez pas par exemple sauter. L’esquive, sous forme de roulade, sera l’une de vos meilleures amies. Mais réaliser une roulade consomme une jauge d’endurance, tout comme le fait de sprinter.

Côté combat, une roue des armes, découpée en plusieurs niveaux (projectiles, médicaments, explosifs, …) est proposée, à l’instar de jeux comme The Last of Us ou encore Far Cry. Pendant l’affichage de la roue, le temps ralentit considérablement, ce qui aide forcément en plein combat. Ce menu vous permet également de choisir vos armes regroupées en 3 parties : arme de poing, arme principale, et arme spéciale (comme l’arbalète).

On reste sur quelque chose de classique, mais qui fonctionne… ou presque. J’ai personnellement trouvé que la sélection des sous-catégories de la roue était parfois particulière pénible et rigide. Il m’est arrivé parfois de tirer une rafale de fusil mitrailleur alors que je pensais avoir l’arbalète (ok je n’ai pas regardé avant mais bon…).

Si vous aimez l’approche furtive aka l’utilisation du couteau de botte, alors sachez que c’est tout à fait possible dans Days Gone. Il faut bien entendu se déplacer en étant accroupi. Ces déplacements sont plus rapides si vous avez débloqué la compétence adéquate. Avant les dernières mises à jour, il était possible d’éliminer les ennemis sans que les autres relativement proches soient alertés… Désormais l’IA est plus intelligente et vous voit plus facilement.

La confiance ne se donne pas, elle se mérite

Vous retrouverez également bon nombre d’inspirations du côté d’Horizon Zero Dawn, notamment sur la gestion des camps. Il y a 5 camps dans le jeu et réussir des quêtes pour chacun d’entre eux, permet de faire progresser le niveau de confiance qu’il vous attribue (jusqu’à 3 maximum). Vous gagnez également des crédits, utilisables uniquement par le camp qui vous les a donné ou en terminant une mission qui se déroule dans la région alentour. Cette monnaie, vous permettra de customiser votre moto, d’acheter des armes ou des accessoires.

La confiance peut être augmentée de différentes manières : en revendant des primes (obtenues en tuant des freakers), de la viande d’animaux, ou tout simplement en sauvant des otages (qui apparaissent aléatoirement sur la carte).

Augmenter sa confiance est primordiale. Plus elle est élevée, plus vous pourrez acheter des armes puissantes et des améliorations pour votre bécane ! A noter que toutes les armes achetées auprès des marchands des différents camps pourront être de nouveau sélectionnées via des casiers que l’on trouve dans les refuges des chasseurs, et les camps alliés.

Question de survie

L’aspect survie est notamment mis en avant par le crafting. L’Oregon regorge de ressources végétales, vous aidant à fabriquer des bandages, des cocktails de santé, d’endurance ou même des flèches pour votre arbalète. Vous trouverez également d’autres ressources telles que les bouteilles vides, des chiffons, du métal, des bidons inflammables, etc. Ces ressources se trouvent un peu partout et vous pourrez même crocheter des coffres de voitures et prendre ce qui s’y trouve.

Je regrette tout de fois que la confection ne soit pas plus travaillée à l’instar de Joel qui s’accroupit et fouille dans son sac dans The Last of Us.

L’autre (gros) point gênant est lorsque l’on fouille des cadavres, le bouton () pour fouiller le corps et pour récupérer l’arme de la victime est le même. Du coup en plein combat, on se surprend à ramasser l’arme au lieu de récupérer des ressources… C’est vraiment pénible et je ne comprends pas qu’il est encore possible de faire ce genre d’erreurs en 2019…

Patch 1.21 : suite à la mise à jour, ramasser les armes se fait avec le bouton et non plus .

Il est également possible d’éliminer des ennemis supérieurs (protégés ou mutants évolués) furtivement à condition d’avoir la bonne compétence. Chaque quête annexe, mission principale, ennemi tué, vous donne de l’expérience qui permet de gagner des points de compétences. Il y a en tout 46 compétences, réparties en 3 catégories.

Enfin, parfois lorsque vous tentez d’infiltrer un camp ennemi, des mutants sont déjà présents et feront le travail à votre place. Il ne vous restera plus qu’à fouiller les corps sans vie.

Jamais sans ma moto

Days Gone se déroule dans un monde ouvert. Et pour les déplacements, quoi de mieux qu’une moto ? Votre bécane est personnalisable de A à Z dans les différents camps dans lesquels vous serez accueilli. Vous pouvez ajouter des autocollants, changer les feux, le guidon, etc. Si ces modifications sont d’ordre esthétique, il en existe également qui améliorent votre moto sur plusieurs plans : la solidité, la vitesse, la capacité du réservoir, etc.

De ce côté-là, Days Gone s’inspire de Mad Max. J’ai vraiment trouvé réaliste le fait que nous devions trouver des bidons d’essence pour ravitailler la moto. Et comme vous pourrez l’améliorer, vous passerez de moins en moins à la pompe.

Votre moto peut également subir des dégâts, lorsque vous foncez sur un ennemi ou encore lorsque vous heurtez un obstacle (arbre, mur, etc.). Vous devrez utiliser dès lors des pièces de réparation que vous trouverez un peu partout.

Les améliorations qu’il est possible de faire dans un camp sont fonction du niveau de confiance qui vous ai attribué. Ainsi certains niveaux d’améliorations (comme par exemple la nitro) ne se débloqueront qu’aux niveaux 2 et/ou 3.

Lors de l’utilisation de la moto, il est possible réaliser des drifts pour passer plus simplement les virages ou utiliser la nitro pour prendre des tremplins qui vous emmèneront vers des zones jusqu’alors inaccessible (notamment les sites de crash du NERO).

Enfin la moto est également très utile lors de quêtes annexes : quand vous devez traquer d’autres motards, ramener quelqu’un dans un camp ou encore vous débarrasser de loups qui vous suivent.

Les hordes, des combats intenses au programme

Combattre une horde de centaines de mutants était quelque chose sur le papier, qui me plaisait pas mal. Alors qu’en est-il vraiment ?

Ces hordes sont composées de plus ou moins de mutants selon la région où vous vous situez. Une fois le jeu terminé, elles apparaissent sur la carte. En réalité elles peuvent se trouver à chaque fois à 3 endroits différents, pour la simple et bonne raison qu’elles se déplacent.

Bien souvent, se faire attraper par une horde, est synonyme de mort. Mieux vaut avancer doucement.

Mais il existe tout un tas de manière de vous en débarrasser. Tout d’abord en utilisant l’environnement, quand c’est possible. Dans certaines zones, des tonneaux d’essence ou carrément des citernes vous seront fort utile. Le but est d’attirer les mutants à proximité pour les faire exploser ensuite (en tirant dessus). D’autres types de pièges existent : couper une ficelle dans le but de faire tomber des planches de bois, faire basculer une étagère, etc.

Attirer les freakers via un attracteur est très utile. Ensuite libre à vous de leur jeter une flèche explosive, un Molotov ou un napalm. Ce ne sont là que des exemples. Il existe même des attracteurs explosifs !

Le game design fait que dans la majorité des cas, vous ne pourrez pas vous cacher pour échapper à la horde, ni même vous placer en hauteur. Elles trouveront toujours le moyen de vous rejoindre.

Les développeurs ont bien travaillé l’ambiance autour des combats contre les hordes et c’est quelque chose d’assez intense : cris des freakers qui foncent sur vous, musique pressante, etc. La tension est immédiate. Généralement il faut compter entre 15 minutes et 30 minutes pour éliminer une horde.

Dommage parfois que l’on constate de gros ralentissements quand la horde fonce sur vous.

De gros problèmes d’optimisation

Si la plupart des décors sont très jolis et correctement travaillés, il n’est pas rare de voir du clipping et de l’aliasing sur de nombreuses modélisations et textures : PNJ, éléments de décors (arbres, maisons). Pire encore j’ai vraiment l’impression que les mises à jour apportent plus de problème qu’elles n’en corrigent.

Pourtant lors des cinématiques, les visages des personnages comme Deacon, Boozer et autres personnages sont franchement bien modélisées. Les regards sont saisissants et si on fait abstraction parfois à la synchronisation labiale, le rendu est presque parfait.

Les problèmes se font vraiment sentir lors des déplacements en moto quand le jeu demande un affichage rapide et instantané. Je pense vraiment que le jeu a été mal optimisé (je joue sur PS4 « normale »). De plus il n’est pas rare de voir des temps de chargement entre cinématiques et gameplay ce qui casse beaucoup l’immersion. Enfin des transitions jour/nuit nécessaires pour certaines missions pourraient se faire instantanément mais des chargements sur écran noir viennent là aussi tout gâcher.

De bonnes idées sont à noter toutefois comme la météo dynamique. Toutes les saisons sont représentées dans le jeu. Mention spéciale à la neige qui est saisissante de réalisme. La carte est immense et il faudrait compter sur les voyages rapides si vous ne voulez pas constamment perdre du temps.

Le déplacement rapide consomme de l’essence, c’est normal mais pensez bien à refaire le plein avant de reprendre la route.

Alors, tout roule ?

Days Gone ne sera sans aucun doute pas le GOTY PS4 de l’année 2019. Il possède d’indéniables qualités, qui ont déjà été éprouvées sur d’autres titres AAA dont il prend bien l’exemple. Bend Studio a également apporté son lot d’idées qui sont à saluer.

Malheureusement certains problèmes viennent entacher l’expérience du jeu, avec en tête l’optimisation graphique. De très nombreux bugs d’affichage et des ralentissements, que les temps de chargement intempestifs ne viennent pas corriger, pénalisent fortement la jouabilité et le titre lui-même.

La bonne durée de vie du scénario principal permet de redonner un peu de valeur au titre. Les nombreuses activités annexes scénarisées également. Bien qu’assez redondantes, elles restent variées (pistage d’ennemis, destruction de nids d’infectés, anéantissement des hordes, courses poursuites, remise en route de sites du NERO, etc.).

Les mises à jour futures prévues et qui apporteront des défis en moto, ou de combat devraient redonner de l’intérêt à Days Gone.

Personnellement j’ai passé un bon moment, le jeu m’a plu malgré les gros défauts énoncés avant. Espérons que ce titre fournira l’expérience nécessaire à Bend Studio pour s’améliorer.

Ce que j’ai aimé :

  • Histoire prenante
  • Des paysages splendides
  • Les combats contre les hordes assez jouissifs
  • Une bande-son plus que correcte
  • Les quêtes scénarisées
  • Personnages assez charismatiques dans l’ensemble
  • Très bonne durée de vie
  • Un doublage convaincant
  • Une map gigantesque, très vivante
  • Cycle jour/nuit et météo dynamique

Ce que je n’ai pas aimé :

  • L’histoire met du temps à démarrer
  • Erreurs de synchronisations entre action et son
  • Système de scénarios confus
  • Beaucoup trop de bugs (clipping, freeze, absence de décors, etc.)
  • IA à revoir
  • Du mal à s’attacher à Deacon
  • Ergonomie pour fouiller les cadavres / changer d’arme (corrigé en 1.21)
  • Des transitions entre gameplay et cutscenes lourdingues
  • Pas beaucoup de type d’ennemis
  • Maladresses de gameplay

2 commentaires approuvés sur cet article

  1. tchoy2010 -

    Dans ton article tu dis qu’on peut faire l’essence de la moto qu’avec les bidons, mais il y a aussi les stations services pour se ravitailler ^^

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