Plus de 5 ans après Ascension, Santa Monica Studio revient avec un nouvel épisode de God of War. La licence semblait essoufflée, en fin de vie, l’annonce d’un nouvel épisode à l’E3 2016 avait de quoi faire peur. Le studio a-t-il réussi le pari de proposer une aventure inoubliable, sans failles ?

Pour ne pas spoiler certains événements, que je considère comme majeurs, des détails sur le gameplay mais surtout sur le scénario ont volontairement été omis. Bonne lecture :)

La famille s’agrandit

God of War 4, tel aurait pu être le nom de ce nouvel épisode des aventures de Kratos… mais ce n’est pas le cas. Même si on ne connait pas le nombre d’années écoulées entre God of War III et God of War (PS4), on voit que Kratos a vieilli. On a même l’impression qu’il est fatigué, mentalement, physiquement, rongé par les batailles qu’il a vécu et qui l’ont consumé petit à petit.

Installé dans les terres nordiques de Midgar avec son fils Atreus, Kratos est plus calme, plus posé mais plus meurtri aussi. C’est pour satisfaire la dernière demande de sa femme qui vient de mourir, que Kratos va entreprendre un voyage à travers Midgar. Tout au long de ce périple, le spartiate devra jouer et apprendre son rôle de père. Il va tenter d’inculquer les bonnes valeurs à son fils Atreus, pour ne pas qu’il commette les mêmes erreurs que lui.

Mais comment élever un enfant qui ignore tout du passé de son père ? Comment lui faire comprendre qu’il est le fils d’un demi-dieu ? Comment freiner les ardeurs d’un garçon de son âge ?

C’est par le biais d’un scénario remarquable, que vous aurez les réponses à ces questions. Le studio a su transformé un anti-héros en un personnage presque attachant, tout en conservant son âme de guerrier… La relation père/fils devient de plus en plus attachante au fil des heures… C’est vraiment bluffant de voir une telle qualité de narration dans un jeu vidéo.

Bien que le jeu soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses (certainement pour une potentielle suite ou un DLC), il n’est pas avare en rebondissements. Quand on connait un tant soit peu la mythologie nordique, on est surpris de voir la liberté prise par le studio pour faire de God of War une appropriation personnelle et assumée de ces mythes. Ceci dit, ce n’est pas forcément un mal en soi.

Un gameplay repensé, assumé et maitrisé

Ce qui surprend au premier abord, c’est le côté TPS. Habitué(e)s des autres jeux triple AAA de la gamme PlayStation, comme The Last of Us ou plus récemment Horizon Zero Dawn, vous ne serez pas dépaysé. Malgré cette nouvelle perspective, les combats n’en sont pas moins nerveux, bien au contraire. Les effets de caméra qui se rapprochent du corps de Kratos lors des batailles ou lorsqu’il court, ajoutent plus d’immersion. Même s’il peut se battre à distance, en lançant sa hache Léviathan, vous pouvez également privilégier le combat au corps à corps avec la hache, à mains nues et avec le bouclier.

Personnellement je débutais toujours les zones de combats en lançant la hache, j’enchaînais avec quelques coups de poings et bouclier et je finissais avec la hache (qu’il faut « rappeler » avec ).

Mais Kratos ne combat pas seul. Atreus, équipé de son arc, pourra également attaquer. En réalité c’est bien souvent vous qui lui en donnerai l’ordre (touche ). Et ne pensez surtout pas que son aide est inutile. Souvent elle sera primordiale, surtout pour immobiliser vos ennemis.

En commençant l’aventure, j’avais peur que Santa Monica ait supprimé les énigmes, qui ont fait ce qu’est God of War aujourd’hui. Mais j’ai été agréablement surpris. Ils ont réussi à proposer des énigmes intelligentes adaptées au nouveau gameplay et notamment ào la nouvelle arme. Par exemple, Kratos peut ouvrir une porte en utilisant une manivelle pour ensuite bloquer le mécanisme avec sa hache. Une fois la porte franchie, il peut rappeler sa hache pour continuer. En revanche il y a beaucoup trop d’énigmes pour récupérer les coffres secondaires du jeu mais j’y reviendrai plus bas.

Les habitués de la franchise seront également surpris de voir qu’il est impossible de sauter. Alors oui Kratos peut franchir les obstacles, peut monter certains murs (à condition que l’interaction soit possible) mais il lui est impossible de sauter où il souhaite. Fini les morts débiles parce qu’on a sauté dans le vide (la faute à la perspective) et cela permet dans un sens, pour le studio, de mieux maitriser les murs invisibles du jeu.

J’ai été un peu déçu de voir qu’il y avait peu de vrais combats de boss, c’était un peu la marque de fabrique. Alors bien sûr on est surpris, quand on bat son premier troll mais quand on en défouraille une dizaine, l’effet n’est plus le même. En revanche, les éliminations instantanées ont été conservées mais il faut appuyer sur R3 quand la jauge (rouge), que j’appellerai jauge de break, de l’adversaire est à son maximum (ce qui n’est pas toujours le cas). Globalement j’ai trouvé que ça manquait également de QTE même contre les (rares) combats de boss.

Même si le gameplay surprend, le studio a su parfaitement le renouveler et on voit qu’il assume complètement ce choix. A quelques détails près, on sent que c’est quelque chose de maîtrisé. Et si la clé du succès c’était le TPS ?

Des ressources et de la personnalisation

Si on pouvait déjà améliorer ses armes dans les précédents God of War afin de bénéficier d’attaques et enchaînements supplémentaires à l’aide d’orbes rouges, la formule a complètement changé. Adoptant un style plus RPG, vous aurez besoin de trouver des ressources, sur les corps de vos ennemis ou dans les coffres par exemple, pour améliorer ou confectionner de nouvelles tenues et accessoires pour vos armes.

Mais vous pouvez également trouver directement de nouvelles armures dans les coffres. Elles sont regroupées en 4 catégories associées à des couleurs « bien connues » : commun (vert), rare (bleu), légendaire (violet) et épique (jaune).

Vous pouvez améliorer la hache Léviathan mais aussi l’arc d’Atreus. Par ailleurs les nouvelles tenues placées sur les deux protagonistes provoquent des changements visuels. Ces nouvelles armures ont également un impact direct sur les attributs de Kratos : vitalité, endurance, force. Plus vous vous équipez d’équipement haut niveau, plus cela augmente les attributs de Kratos qui eux-mêmes augmentent le niveau général du personnage.

Ce niveau est très important car c’est celui qui reflète la puissance de Kratos. Si votre niveau est trop faible, vos ennemis peuvent apparaître avec une jauge violette, autrement dit, ils seront généralement trop puissant pour vous. Il est donc primordial d’augmenter ce niveau pour se défaire des ennemis les plus coriaces.

Enfin des enchantements peuvent être installés sur les armures afin de bénéficier d’attributs ou compétences supplémentaires.

Coté armes, vous pouvez changer le pommeau de la hache mais aussi installer des runes vous octroyant de nouvelles compétences. Elles s’activent avec la combinaison des touches et ou et . Il va sans dire que vous devrez trouver ces runes dans certains coffres.

Toutefois vous trouverez les armures les plus puissantes uniquement chez Sindi et Brok, les deux nains que vous rencontrerez tout au long de votre aventure. Elles requièrent des ressources particulières pour les fabriquer. J’ai d’ailleurs trouvé qu’il était difficile de savoir où trouver telle ou telle ressource (sur quel type d’ennemi par exemple) pour les fabriquer.

Yggdrasil de compétences

Derrière ce jeu de mot se cache une nouveauté introduite dans le jeu. Pour obtenir des attaques supplémentaires, il faudra débloquer la compétence adéquate dans l’arbre de compétence correspondant (un pour le bouclier, un pour la hache, un pour l’arc). Kratos et Atreus possèdent leur propre arbre, et il faudra quelques points d’expérience (obtenus en terrassant des monstres) pour les débloquer. Elles sont regroupées en paliers, et chaque palier se débloque en améliorant l’arme concernée. Par exemple pour débloquer toutes les compétences de la hache, vous devrez améliorer la hache Léviathan cinq fois en utilisant une flamme de glace à chaque fois.

Ce système se retrouve dans bon nombre de jeux (Horizon Zero Dawn, Far Cry, etc) et il n’est pas nouveau. J’irai même jusqu’à dire que c’est presque normal qu’il se retrouve dans God of War. En revanche pour l’innovation, on repassera.

Une réalisation du feu de dieu !

God of War frole la perfection graphique. Je me répète mais je ne possède pas spécialement du matériel de « qualité » (pas de PS4 Pro ni de télé 4K) mais même sans ça le jeu est tout simplement magnifique. Le clipping est bien entendu présent mais est tellement bien maîtrisé qu’on le remarque à peine. Les jeux de lumière mais aussi les effets de particules (notamment quand on marche sur la neige) sont tout bonnement incroyables. Les décors sont somptueux et on n’a pas de mal à comprendre que nous sommes bien dans un pays nordique. On sent que la console en a encore dans le ventre !

L’autre qualité indéniable du titre, est l’introduction de plans séquences narratifs. On passe du gameplay à une séquence narrative sans qu’aucun temps de chargement n’ait lieu. Les dialogues s’enchaînent, sans freezer, on passe d’une zone à l’autre sans que le jeu ne sourcille une seule fois. C’est vraiment agréable : les zones de combat ni même la totale liberté que l’on a en arrivant au lac des neufs, ne cassent pas la progression du jeu. Bien au contraire, j’ai vraiment eu du mal à poser la manette à chaque fois que j’y jouais.

La bande son de Bear McCreary vaut également son pesant d’or. Mention spéciale à « Ashes » (je ne dis pas ça pour mon pseudo :)), envoûtante comme jamais. On sent qu’une attention particulière a été portée au titre et que le studio souhaitait proposer une expérience riche, nouvelle et pérenne.

Encore plus que les 12 travaux d’Hercule

God of War est riche et propose une carte assez conséquente. Malheureusement je trouve que le studio a ajouté trop d’éléments qui augmentent artificiellement la durée de vie. Il y a trop de coffres à ouvrir, trop de collectibles inutiles, qui n’apportent aucun élément nouveau au jeu.

A titre de comparaison, dans Horizon Zero Dawn, les pistes audio que l’on découvrait apportaient vraiment un plus au scénario. On comprenait un peu plus sur l’histoire générale du titre. Dans God of War, ça ne sert à rien de tuer les corbeaux d’Odin (d’autant que certains sont vraiment chiants !), ça ne sert à rien de ramasser les artefacts ou reliques, etc.

Cela devient encore plus pénible quand on se rend compte que certains éléments à trouver ne sont pas mentionnés sur la carte alors que tout le reste y est parfaitement inscrit. Alors bien sur, vers la fin du jeu, on peut naviguer d’une zone à l’autre par « téléportation » mais j’ai trouvé que c’était quand même difficile de s’y retrouver dans tout ça.

Concernant la durée de vie, il faut compter entre 20 et 25 heures pour terminer l’histoire principale. Comptez en autant si vous souhaitez obtenir tous les trophées. D’ailleurs ne les lisez pas si vous n’avez pas commencé le jeu.

Le renouveau de la franchise ?

Le studio Santa Monica réussit le pari audacieux de proposer des éléments totalement nouveaux pour renouveler une saga qui commençait à s’essouffler. Derrière un gameplay assumé et maîtrisé – mais hélas pas nouveau pour autant – Kratos et Atreus évoluent sur des terres nordiques à la réalisation impeccable. Au fil des heures passées, le spartiate devient touchant, leur voyage prend du sens et nous révèle quelques-uns de ses secrets. Malheureusement il faudra attendre la suite pour en savoir plus et vu l’énorme succès commercial (plus de 3 millions d’exemplaires vendus en trois jours), cela ne fait aucun doute qu’il y aura un après God of War PS4.

Cet épisode n’est pas exempt de défauts pour autant : le manque de combats de boss épiques comme on avait l’habitude d’en voir dans les précédents épisodes, le manque de QTE qui est un peu l’une des marques de fabrique de la licence, sont certainement les points qui m’ont le plus déçu. Ses quêtes trop redondantes et les collectibles ennuyeux et inutiles au possible (corbeaux d’Odin pour ne citer qu’eux) n’apportent rien au scénario ni même au jeu.

Pour autant, selon moi, cet épisode fait partie l’un des titres majeurs et incontournables de ce second trimestre.

Points positifs

  • Des combats toujours aussi nerveux
  • Le doublage français de Kratos
  • Une réalisation impeccable
  • Le lore nordique et son appropriation dans le jeu
  • Une progression non linéaire
  • La narration
  • Une durée de vie conséquente
  • Un gameplay repensé, assumé et maitrisé

Points négatifs

  • Peu de combats de boss
  • Les QTE moins nombreux
  • Trop d’à côté : collectibles, quêtes, etc.
  • Un scénario bien ficelé mais qui laisse plus de questions que de réponses
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