La gravitéenne Kat et son fidèle compagnon Poussière sont de retour 5 ans après le premier épisode. Que vaut cette suite ?

Made in Japan

Alors que Gravity Rush premier du nom était sorti initialement sur PS Vita puis sur PS4 via une version remasterisée, Gravity Rush 2 se contente lui uniquement de la version PS4. Exit donc la console portable de Sony. Le jeu est toujours développé par Japan Studio à qui l’on doit notamment des jeux comme Soul Sacrifice, Knack, Rain, Bloodborne (mon GOTY de 2015 !) ou plus récemment The Last Guardian.

Gravity Rush m’avait beaucoup plu notamment grâce à son gameplay innovant, bien qu’ayant pas mal pesté sur les problèmes de caméra. Gravity Rush 2 corrige-t-il les défauts du premier en proposant une suite sans faute ?

Une nouvelle aventure

L’aventure débute dans la charmante ville de Banga, une forteresse volante. On y retrouve bien entendu Kat, mais elle a perdu l’ensemble de ses pouvoirs. A Banga, le travail est l’activité quotidienne de chacun et la gravitéenne ne déroge pas à la règle. Si elle veut se nourrir, elle devra également mettre la main à la pâte notamment en récoltant des cristaux (la seule monnaie valable) dans les mines alentours.

Très vite Kat retrouvera ses pouvoirs et ce sera un réel plaisir de parcourir la ville en utilisant les pouvoirs de la gravité. Pour autant, Kat n’aura qu’un seul but : retrouver sa contrée natale, Hekseville, qu’elle réussît à sauver autrefois grâce à l’aide de Raven.

Dans cette suite, la lutte des classes en est le thème récurrent. Le studio japonais tente de nous faire passer un message fort à travers une histoire où richesse, pouvoir et cloisonnement social est de rigueur. Par conséquent j’ai parfois trouvé que les répliques enfantines de Kat n’avaient pas du tout leur place et ne collait pas du tout à l’ambiance. Néanmoins il faut avouer aussi que ce défaut est plus présent sur les dialogues de missions secondaires que lors de la trame principale.

Par ailleurs les nombreuses présentations façon bulles de bande-dessinées font toujours leur effet, c’est réussi et j’ai vraiment l’impression de m’être plus attardé dessus. En revanche, une fois le jeu terminé, je n’ai pas cessé de repenser l’histoire dans son ensemble et j’ai trouvé qu’elle manquait de clarté et d’explication.

Un gameplay Katastrophique ?

Celles ou ceux qui ont posé la main sur le premier épisode, ne seront pas dépaysés dans Gravity Rush 2. En effet Japan Studio a réutilisé la même recette, notamment sur le gameplay. Ainsi vous pouvez toujours vous déplacer rapidement dans les airs et atterrir aussi sec. Une jauge vous indiquera la quantité de pouvoir restante et plusieurs bips retentiront lorsque votre jauge sera quasi à sec. Il faudra remettre les pieds sur terre afin de regagner la totalité de la jauge, ramasser un cristal bleu ou encore attendre, durant votre chute, que celle-ci se recharge.

Du côté des actions, vous pouvez toujours vous débarrasser de vos ennemis au sol en assenant des coups de pieds. Mais vous pouvez aussi utiliser le coup de pied gravitationnel en l’air.

Bien que l’utilisation de la gravité est particulièrement amusante, on retrouve les mêmes problèmes que lors du premier épisode. En effet la gestion de la caméra est toujours catastrophique, surtout dans les endroits confinés – et ils sont suffisamment nombreux, surtout durant les phases d’infiltration et lorsque les missions secondaires ou défis vous emmènent dans des espaces clos – pour nous prendre la tête. C’est un aspect vraiment frustrant du jeu, il m’est arrivé plusieurs fois de me demander où j’étais par rapport aux ennemis que j’étais en train de tuer. Dans certains combats même, on passe son temps à bouger la caméra pour trouver l’ennemi. Bien sûr, un indicateur affiché à l’écran suit le ou les ennemis mais il aurait été tellement plus simple de mettre en place un système de verrouillage de cible

Pire encore, lors des glissades gravitationnelles, qui font leur grand retour, le mouvement de la caméra est si sensible, qu’utiliser le joystick droit rend la glisse impraticable. Si en plus vous vous amusez à vouloir foncer sur les ennemis, la caméra se rapproche rapidement de ceux-ci, coupant ainsi la visibilité autour.

Le manque de verrouillage des ennemis se fait ressentir lorsque Kat lance des projectiles qu’elle attire vers elle. Si l’ennemi bouge, vous devrez vous aussi bouger en conséquence. On pourrait penser que ce manque permet d’augmenter la difficulté du titre mais c’est quelque chose qui aurait pu être désactivé selon la difficulté choisie…

C’est le gros point noir de cette série, cela rend quelques scènes vraiment frustrantes et parfois les combats s’éternisent.

T’as du style Kat !

Mais Gravity Rush 2 est l’occasion aussi d’introduire des nouveautés : les styles de combats. Si Kat commence avec ses compétences classiques, elle pourra gagner, au travers d’épreuves initiatiques deux styles de combats : le style Lunaire et le style Jupiter.

Le premier fera de Kat, quelqu’un d’aussi léger qu’une plume. Elle pourra effectuer des sauts verticaux ou horizontaux importants. Sa capacité à lancer des projectiles se transformera en une capacité à geler les ennemis pendant un court instant. Tandis que le coup de pied gravitationnel vous téléportera aussi proche que possible de votre cible. Ce style est vraiment fait pour le combat rapide.

Le second, le style Jupiter, est plus accès sur la force. Kat pourra ainsi se concentrer plus longtemps pour assener un coup de pied gravitationnel qui produira en touchant l’obstacle ou l’ennemi désiré, une onde de choc dévastatrice. Les projectiles qu’elle rassemblera fusionneront pour en créer un plus gros, faisant par la même occasion plus de dégâts. Les coups portés en corps-en-corps sont eux aussi plus puissants.

Le changement de style se fait instantanément avec le touchpad. En revanche on regrettera que les phases d’initiation de ces nouveaux pouvoirs trainent en longueur, nous empêchant par la même occasion de changer de style.

On notera également la possibilité de s’équiper de talismans qui augmentent les caractéristiques de Kat. Vous pouvez même également les fusionner pour obtenir un talisman plus puissant. Personnellement j’ai vraiment trouvé que c’était inutile, surtout une fois que les compétences de Kat sont améliorées au maximum.

Un monde renversant

Le monde de Gravity Rush 2 est bien plus grand que son aîné. Les lieux de pérégrinations de Kat seront le théâtre de toute sorte de quêtes annexes et défis en tout genre. Si la modélisation des différents paysages est superbe, avec une transition instantanée entre chacun – bien qu’un clipping nécessaire et constant soit présent – on regrettera toutefois que certains endroits optionnels soient vides. C’est le cas par exemple des quelques mines (là où vous débutez l’aventure), qui graphiquement parlant, sont pauvres de contenu. Leur seule utilité ? Pouvoir combattre quelques névis optionnels et ramasser de précieux cristaux, indispensables pour améliorer les compétences de Kat.

Heureusement, une fois de retour à la surface, on retrouve des décors et des paysages bien vivants. Ne serait-ce qu’avec les PNJ qui se baladent et avec qui pour certains, la discussion est possible. Ces dialogues permettent également bien souvent de mieux comprendre le scénario, si vous prenez toutefois la peine de les enclencher.

On retrouve les fameuses bouches d’égouts du premier épisode qui nous permettent de nous déplacer rapidement avec un temps de chargement très faible, cela reste donc un plaisir de les utiliser, surtout lors des retours incessants nécessaires pour compléter certaines missions secondaires.

Si Gravity Rush se contentait de quelques quêtes annexes, ce n’est pas le cas de son cadet. Pas moins de 49 quêtes secondaires vous attendent. Chacun jugera de leur qualité mais personnellement je les ai trouvés pour la plupart ennuyante surtout quand celles-ci débloquent un défi du même acabit. Par exemple lorsque vous aurez correctement distribué des journaux pour aider un malheureux postier, vous débloquerez deux défis où vous devrez livrer à nouveau des journaux mais dans un temps plus limité. Trois quêtes sont donc complétement identiques en contenu. Et ce n’est pas les seules dans ce cas.

Si vous avez l’âme d’un photographe, alors vous pourrez explorer les différentes villes du jeu et prendre en photo quelques fresques pour remplir votre galerie de clichés. Si cela n’est pas suffisant, vous pourrez également réaliser de superbes clichés du jeu pour ensuite les partager en ligne. De plus, de nombreuses chasses aux trésors, soumises par d’autres joueurs vous permettront de débloquer de nouveaux filtres et divers objets à ajouter sur vos clichés.

Japan Studio n’oblige personne à terminer ces quêtes et autres défis optionnels – les complétionnistes de trophées devront toutefois passer par là – mais on a vraiment l’impression qu’ils sont là pour rallonger la durée de vie du jeu, qui est bien suffisante (compter plus de 20 heures pour terminer l’histoire principale).

Un titre poussiéreux ?

Gravity Rush premier du nom pouvait se vanter d’être innovant, notamment grâce à son gameplay, ce n’est pas le cas de cette suite qui reprend les mêmes composantes de base. Les styles Lunaire et Jupiter peuvent sembler au début intéressants mais force est de constater qu’après de plus de 20 heures, je ne les ai que très peu utilisé sauf lorsque c’était obligatoire. Je ne reviendrai pas sur le système de talisman qui reste à mon sens complétement inutile et gadget. La caméra pose toujours problème et ça semble être un problème récurrent chez Japan Studio (Gravity Rush, The Last Guardian).

Néanmoins on ne peut pas nier que Gravity Rush 2 possède un charme certain. Le jeu est beau, les décors et détails superbes (du moins dans les villes). Les dialogues, pour la plupart, représentés sous forme de bande dessinées sont vraiment agréables à lire. Que dire également de la bande son composée une nouvelle fois par Kohei Tanaka (qui m’avait déjà conquis sur la bande-son d’Alundra il y a 20 ans et sur le premier Gravity Rush), enivrante lors des déplacements et rythmée lors des combats.

Bien que Gravity Rush 2 offre moins l’effet de surprise et reste en-dessous de son aîné, je suis conquis par cette suite. Si un troisième opus devait voir le jour, j’espère sincèrement que les problèmes évoqués seront corrigés, pour nous proposer un titre parfait !

Ce que j’ai aimé :

  • Une histoire avec une durée de vie conséquente
  • Les dialogues façon bande-dessinée
  • Un monde vivant et superbe
  • Le déplacement aérien très prenant
  • La bande-son impeccable
  • La liberté des déplacements

Ce que je n’ai pas aimé :

  • Gros problèmes de caméra
  • Aucun système de verrouillage de cible
  • Les missions secondaires répétitives
  • Quelques répliques enfantines
  • L’inutilité des talismans

Merci à l’éditeur de m’avoir fourni une copie du jeu pour effectuer ce test.

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