Hellblade : Senua’s Sacrifice, le dernier jeu du studio Ninja Theory, vous plonge au cœur d’une incroyable aventure en terres nordiques.

En route pour les terres nordiques

C’est en 2017 que Ninja Theory, à qui l’on doit l’un des tous premiers jeux PlayStation 3, Heavenly Sword, a développé et édité Hellblade : Senua’s Sacrifice.

Écoulé à plus d’un million d’exemplaires dans le monde, le jeu doit sortir en supports physiques sur Xbox One et PlayStation 4 cette fin d’année (le 4 décembre).

L’histoire raconte l’aventure de Senua, une jeune femme picte torturée, en quête de vengeance. Après avoir vu son village brûlé et condamné à subir la peste, son amant tué sous la torture, sa mère brûlée vive par superstition, Senua part dans les terres nordiques afin de retrouver les siens.

Dans sa quête elle souhaite arracher de la mort (incarnée par Hela, la déesse nordique des morts) son amant Dillion. La mythologie celte (les pictes sont issus d’une ancienne tribu vivant sur ce qui est devenu aujourd’hui l’Écosse) et nordique sont omniprésentes dans ce jeu.

Si l’histoire semble simple au premier abord, il n’en est rien. En effet celle-ci est prétexte à un sujet plus profond : les troubles mentaux. En effet, en lançant le jeu, on vous explique qu’Hellblade a été créé en collaboration avec une équipe de spécialistes (psychologues, neurologues) et qu’il est fortement déconseillé d’y jouer si l’on présente quelques problèmes mentaux. Le studio a même interviewé des personnes souffrant de psychoses afin de rendre son jeu le plus immersif possible.

Dans le menu principal vous pouvez accéder à des documentaires retraçant la création du jeu.

Dans Hellblade, le personnage de Senua est atteinte de psychose, d’hallucinations visuelles et auditives, suite aux nombreux traumatismes de sa vie notamment dus à son père, la convaincant dès son plus jeune âge qu’elle n’était rien et qu’elle finirait absorber par les ténèbres.

Le plus simplement du monde

Hellblade se veut simple, dans son interface, son système de jeu, ses commandes. La raison est simple : l’accent a été mis sur l’histoire. Attention cela ne signifie pas pour autant que tous ces éléments sont mauvais, bien au contraire. Il n’y a aucun tutoriel et si vous souhaitez en savoir plus sur les commandes du jeu, il faut ouvrir le menu via la touche options.

La progression est rythmée à travers différentes énigmes qui de manière générale, sont bien pensés et variés mais restent assez simples. Vous n’aurez vraiment pas de mal à en venir à bout. De plus au fur et à mesure de votre avancée, vous les trouverez de plus en plus simple, puisqu’au final une fois la mécanique intégrée, ils sont assez similaires. Parfois il faudra bouger la caméra afin de recomposer certains morceaux manquants du décor, tandis que d’autres fois, ces énigmes sont basées sur l’audition et la perception de l’espace.

Hellblade propose un concept original nommé la pourriture. C’est d’ailleurs la seule chose qui soit expliquée dans le jeu. La pourriture est une maladie qui gagne de plus en plus Senua lorsqu’elle meurt. Si celle-ci atteint la tête, la partie se termine et vous devrez tout recommencer. Ce système de « permadeath » (mort permanente) est original mais une fois les quelques coups maîtrisés, il sera rare que vous perdiez… en mode « facile ». En effet il existe trois modes de difficulté. En réalité plus la difficulté est élevée plus les dégâts reçus le sont également.

Les combats sont assez basiques et sont tous calqués de la même manière : pour asséner un coup normal, pour un coup puissant. La touche vous permet d’esquiver. Enfin vous pouvez courir (touche ) et appuyez ensuite sur l’une des deux touches de coup, pour donner un coup encore plus puissant.

Les différentes confrontations sont globalement assez faciles – même lorsque vous êtes encerclé par plusieurs ennemis – et tous basés sur le même principe : esquiver les coups et en donner. Lorsque Senua blesse suffisamment ses adversaires, elle peut utiliser sa concentration (touche ) pour ralentir le temps (pour les ennemis uniquement) et par la même occasion asséner des coups plus rapides et puissants. C’est primordial contre les boss et contre certains ennemis qui seront invincibles si vous n’utilisez pas cette technique.

De ce côté je regrette deux choses. D’une part que les combats ne soient pas plus tactiques. D’autre part que certains d’entre eux sont trop longs avec par exemple une vingtaine d’ennemis à tuer… Mais encore une fois ce n’est vraiment pas ce qui fait l’essence même du jeu et on oublie vite ce détail une fois que l’on reprend l’exploration.

A noter que vous pouvez savoir lorsqu’un combat va survenir, puisque Senua sort l’épée de son fourreau. Inversement, elle la range quand l’affrontement est terminé.

Durant votre pérégrination, vous trouverez des pierres d’histoire. En les lisant, vous en apprendrez un peu plus sur le lore nordique. Ces stèles sont intéressantes dans la mesure où elles racontent une histoire avec une morale en lien avec ce qu’est en train de vivre Senua. C’est ingénieux, bien pensé et ne dénature en aucun cas la mythologie.

Avis aux chasseurs de trophées, la lecture des 40 pierres vous conférera le seul trophée qui peut être loupé.

Immersif comme jamais

Ninja Theory a fait un énorme travail sur la narration, entre lore nordique et celte, et le passe de Senua. L’ambiance du titre a également eu le droit au même traitement.

Tout a été étudié dans les moindres détails. D’ailleurs le studio vous recommande même d’y jouer avec un casque. Personnellement c’est ce que j’ai fait (casque Sony PlayStation 7.1) et je vous avoue car la seule demi-heure où j’y ai joué sans, j’ai vraiment senti la différence. La respiration de plus en plus rapide de Senua, ses cris, ses pleurs, ses tourments, ses craintes, sa douleur… sont incroyablement interprétés par Melina Juergens. De la motion capture au doublage, on la sent vraiment habité par son personnage. Autant d’émotions dans un seul personnage, c’est complètement fou. Mais je préfère mille fois un vrai personnage, avec du charisme, bien joué, que plusieurs d’un niveau moyen. Ninja Theory a vraiment taper dans le mille !

Seul petit bémol, j’ai trouvé dérangeant la désynchronisation des sous-titres avec les textes. Constamment le jeu affiche l’intégralité d’une ou plusieurs phrases alors que lors de l’interprétation, celles-ci sont plus découpées. Pire encore, certaines paroles ne sont pas traduites. L’anglais est la seule voix disponible. Je vous avoue avoir eu un peu de mal à comprendre lorsque j’ai désactivé les sous-titres. Mais c’était ça ou casser l’immersion en les laissant.

D’un autre côté, je suis assez content que seul l’anglais soit disponible. Je pense qu’il aurait été vraiment difficile de faire aussi bien avec une traduction française ou dans une autre langue.

Du côté des graphismes, ils sont tout bonnement superbes. Senua traversera des environnements colorés tout comme des décors sombres, lugubres et vraiment flippants. Amateur de clichés, sachez qu’il existe un mode photo, bien que celui soit moins développé que les titres actuels, vous pouvez toujours réaliser de superbes photos.

Ttout simplement incroyable !

J’ai vraiment été marqué par Hellblade notamment grâce à la remarquable interprétation de Melina Juergens. Le jeu est troublant, voire même flippant à certains moments. Proposant un gameplay simple, sans aucune HUD, le jeu se veut minimaliste… mais c’est tellement mieux ainsi. L’essence du titre reste l’histoire, l’aventure psychotique et névrotique. Finalement je regrette presque tous les combats et le fait que l’on puisse mourir (pour tout recommencer). C’est inutile, surtout au vu du sujet traité ici.

Hellblade est un jeu incroyable, grandiose, un chef d’œuvre captivant et dérangeant d’une rare qualité. Malgré ses quelques défauts, il est pour moi l’un des meilleurs jeux de la PS4 (rien que ça !) et du studio. Avant de commencer, je ne m’attendais pas à prendre une telle claque. Il est certain que le contexte ne plaira pas à tout le monde et personnellement je ne savais pas que ce jeu traitait des troubles mentaux avant de voir le message à l’écran au tout début.

Je m’attendais plus à un jeu d’aventure/action/puzzle… et cette touche supplémentaire fait grandement la différence. En tout cas j’ai adoré ! Hellblade est un jeu à part, original, comme on aimerait en voir plus souvent.

Ce que j’ai aimé

  • Troublant, dérangeant et fascinant à la fois
  • Le lore nordique
  • Les décors très sombres
  • Le doublage vocal de qualité
  • L’incroyable prestation de Melina Juergens
  • Une histoire vraiment prenante de bout en bout
  • L’ambiance sonore parfaite
  • Les documentaires

Ce que je n’ai pas aimé

  • Des choses inutiles quand on est captivé dans l’aventure : mode photo, combats, la mort
  • Textes manquants, incohérents et désynchronisés avec les dialogues
  • Les sous-titres affichés en amont des paroles cassent l’immersion
  • Les combats trop répétitifs dans leur conception
  • Certains combats sont trop (trop) longs
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