Annoncé l’année dernière lors de l’E3, je vous livre mes impressions sur le dernier titre du studio Insomniac Games, Marvel’s Spider-Man.

Marvel approves this !

Officiellement le titre s’appelle désormais Marvel’s Spider-Man mais ce n’a pas toujours été le cas. En effet il se nomme ainsi depuis l’approbation de la société Marvel. Spider-Man (PS4) est donc l’un des rares jeux à obtenir cette validation ! Un excellent point pour Insomniac Games, le studio de développement à l’origine du jeu et à qui l’on doit notamment les célèbres aventures de Ratchet & Clank.

L’action de Spider-Man se déroule à Manhattan, l’un des 5 quartiers de la ville de New-York, mondialement connu ; grâce par exemple à l’Empire States building, Central Park ou encore Times Square (fidèlement reproduit dans le jeu mais j’y reviendrai…)

Disponible depuis le mois septembre, durant une période où les productions AAA s’enchaînent (Dragon Quest XI, Shadow of the Tomb Raider, Destiny 2 Renégats pour ne citer qu’eux), Spider-Man est-il l’un des titres indispensables de cette rentrée ?

En toile de fond…

Le jeu emprunte beaucoup au lore Marvel mais propose une histoire totalement inédite, née de l’imagination d’Insomniac Games en forte collaboration avec les studios Marvel. Les trois premières heures du jeu sont assez mollassonnes (en terme de scénario j’entends). Bien qu’elles permettent d’introduire des personnages comme Mary Jane, Tante May et quelques méchants emblématiques (pas de spoilers ici), il faudra passer ce début pour vraiment être au cœur de l’histoire.

Malgré quelques rebondissements assez prévisibles, on se laisse surprendre, que l’on soit fan ou pas, connaisseur des comics ou pas ; dans lequel le jeu emprunte quelques références.

J’ai personnellement trouvé que l’histoire gagnait réellement en profondeur vers le milieu, voire la fin de l’acte 2 (sur les 3 actes).

Bien que le doublage soit de qualité, notamment sur les protagonistes et personnages secondaires, je n’ai pas aimé celui de Peter Parker / Spider-Man (réalisé par Donald Reignoux).

Celles et ceux qui connaissent le héros, savent pertinemment que les blagues sont légions dans les Comics ; mais je les trouve mal adaptées au contexte. De manière générale, je crois que je fais une overdose de cette voix ; peut-être est-ce dû aux récents événements concernant l’acteur (pas de VF dans Kingdom Hearts III, la colère des fans, les pétitions, etc.). Le fait qu’il prête également sa voix au personnage de Delsin Rowe (inFamous Second Son), un jeu assez similaire (open-world, héros assez blagueur, etc.) est probablement l’une des raisons de mon « dégoût ».

A noter qu’il est vraiment dommage que l’on soit obligé de passer sa console en anglais pour avoir les voix (et donc le jeu) en Anglais.

Manhattan comme terrain de jeu

Dès les premières minutes du jeu, on se rend compte de l’excellente fluidité du gameplay. Les fans des Batman Arkham seront certainement plus à l’aise que les autres et c’est normal. Insomniac Games ne s’est pas caché de prendre leurs inspirations sur la licence phare de Rocksteady. Selon eux, Rocksteady a rehaussé la qualité des jeux de super-héros.

Let me get ahead of you: yes, we played the Batman Arkham games and many fans have asked how we’re going to compare with the quality standard they were able to set. Rocksteady redefined the quality of superhero games and we want to be at their same level.Bryan Intihar, Creative Director

Personnellement la première chose que je me suis empressé de faire a été de tisser ma toile de building en building, essayer de monter le plus haut, pour sauter à pic, et recommencer. Les déplacements sont incroyablement fluides, permissifs, et les collisions assez rares, si bien que parcourir cet open-world n’a jamais été aussi plaisant ; même une fois le jeu terminé. Manhattan offre un terrain de jeu impressionnant, la ville elle-même est un gigantesque parkour. Au fil des heures, on est jamais lassé de se déplacer de bâtiment en bâtiment, de courir sur les buildings ou autres murs.

Cette immense sensation de liberté est la raison pour laquelle je n’ai passé que très peu de temps à marcher dans les rues, ou même à utiliser le déplacement rapide (métro), pourtant débloqué très tôt dans le jeu.

De DC Batman à Marvel’s Spider-Man

Du côté des combats, les techniques proposées ainsi que celles qui se débloquent au fur et à mesure grâce aux trois arbres de compétences mais aussi avec les gadgets, permettent des combats variés. Devant le florilège de coups possibles, on se rend vite compte que l’on va souvent utiliser les mêmes. Si vous devrez sans doute passer par des phases de combats pures et dures obligatoires, l’élimination furtive reste possible.

Comme Batman, Spider-Man peut rester sur les hauteurs afin de s’occuper des ennemis un à un, silencieusement. Même si certaines éliminations peuvent alerter les adversaires alentour, il suffit d’utiliser quelques diversions et le tour est joué. Contrairement au titre de Rocksteady, tous les ennemis peuvent être éliminés de manière silencieuse. Nul besoin au préalable par exemple de désactiver leurs armes ou autre.

Certains gadgets comme les pièges à toile se révéleront fort utile en cas de présence de nombreux ennemis ; ce dernier permettant de ligoter un adversaire qui passe à proximité.

Par ailleurs, hormis quelques-uns, j’ai trouvé que les combats de boss manquaient de panache. On se retrouve très souvent à faire souvent la même chose pour immobiliser ses adversaires et ainsi pouvoir les frapper (sans révéler de quoi il s’agit). Alors oui les interactions avec les environnements sous forme de QTE, mais aussi en saisissant les objets (touche +) changent un peu la donne et permettent d’innover un peu mais contre les boss cela reste assez rare. Insomniac n’a d’ailleurs pas trop abusé des QTE qui restent sporadiques et assez bien amenés.

Autre point, Spider-Man peut revêtir plusieurs tenues différentes, octroyant ainsi ce qu’on appelle des pouvoirs de tenues. Ces pouvoirs sont utilisables durant les combats et se rechargent au fil du temps et des combos réalisés. Cela permet souvent de réaliser des attaques dévastatrices qui vous aideront si vous êtes submergé. Celles-ci se débloquent en utilisant des ressources (j’y reviendrai).

Digne des grands films !

Époustouflante, immersive, incroyable, animée, sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit pour désigner la ville de Manhattan. On ne peut le nier, Insomniac a réalisé ici un travail d’orfèvre ! La modélisation des buildings et des places connues de ce quartier de New-York sont d’une incroyable fidélité. Pour ne citer que les plus connus, Time’s Square, le Pont de Brooklyn, l’Empire State Building, Central Park, sont superbes ! Et on ne peut être qu’admiratif quand on constate qu’il n’y aucun clipping, même lorsque l’on se déplace rapidement.

Il n’est donc pas rare de s’arrêter en haut d’un bâtiment pour abuser du mode photo. Ce mode permet comme dans tous les jeux une grande personnalisation de ses clichés : mode selfie, déplacement de la caméra, filtres sépia, noir et blanc, etc ; ajout de cadres, etc.

Si en plus si vous êtes au moment de la journée où le soleil se lève ou se couche, vos clichés n’en seront que plus beaux. Les effets de lumière sont superbes et saisissants ! Dommage toutefois que la météo ne soit pas dynamique et qu’elle ne change qu’après certains missions clés de l’histoire.

Personnellement je m’en fous de savoir qu’on ne voit pas le reflet de Spidey dans les vitres, ni même que la flaque d’eau est trop petite comparé à ce qui avait été montré. Ce n’est pas ces quelques éléments qui définissent un jeu vidéo. Si vous avez suivi l’actualité vidéoludique ces temps-ci, vous saurez de quoi je parle.

La modélisation des personnages est elle aussi grandement réussie. Même si le passage au français dénature un peu parfois la synchronisation labiale, le titre reste d’une grande qualité graphique. La PS4 en a encore largement dans le ventre et pour un premier essai de jeu de super-héros, on peut largement dire qu’Insomniac s’en sort parfaitement bien.

Les cinématiques qui parsèment le scénario sont tout aussi géniales d’autant que la transition entre le jeu et l’animation se fait sans chargement (le mode photo est d’ailleurs toujours disponible durant celles-ci). Et que dire également des scènes d’actions, incroyablement mises en scène, comme dans les grosses productions cinématographiques… du grand art !

La ville qui ne dort jamais

« New-York, la ville qui ne dort jamais ». Cette célèbre phrase de Frank Sinatra s’applique plus que jamais à Marvel’s Spider-Man. Ainsi, les joueurs n’échapperont pas à la quête de collectibles et de missions annexes toutes plus variées les unes que les autres. Là où certains studios se contentent de poser des collectibles ici et là, sans que l’on sache pourquoi ni comment, Insomniac a eu l’intelligence de les introduire en parfaite adéquation avec le scénario.

Ainsi, par exemple, les sacs à dos que vous devez ramasser racontent l’histoire de Peter Parker et vous saurez pourquoi il les a disséminés dans toute la ville. Il en va de même pour les missions secondaires. Au début du jeu, il n’y en a aucune et au fur et à mesure de votre aventure, vous en débloquez. La raison est qu’elles ont toutes un lien avec l’histoire. Vous saurez donc pourquoi elles existent et pourquoi vous devez (pouvez) les réaliser.

Pour vous faciliter la tâche et qu’elles soient visibles sur la carte, Peter devra réactiver les tours radios sur les toits de la plupart des commissariats de police. Là encore ces tours sont brillamment introduites dès le début du jeu.

Couplé avec l’aisance des déplacements, ramasser ces différents collectibles, ou prendre des clichés des célèbres monuments New-Yorkais deviennent un plaisir.

A ce titre, réaliser ces activités connexes, permettent de récolter des ressources dites jetons. De plusieurs types, ces jetons permettent de créer et d’améliorer les tenues et gadgets.

Certaines missions mettent même en avant des personnages secondaires comme Black Cat. On aurait aimé, à la manière des derniers Batman Arkham, que ces quêtes annexes concernent plus de vilains mais aussi pourquoi pas, des personnages du Marvel’s Universe comme Ironman, Captain America, etc. (ce ne sont que des exemples).

Black Cat sera l’objet du premier DLC de Spider-Man, annoncé 1 semaine avant la sortie du jeu (je trouve que c’est un peu se moquer des joueurs). Cette extension sera disponible le 23 octobre.

On notera également l’utilisation à outrance de deux mini-jeux, qui même si au fur et à mesure du jeu deviennent plus difficiles, restent répétitifs et lassant.

En ligne droite, Marvel’s Spider-Man propose une excellente durée de vie. Comptez entre 20 et 25 heures pour venir à bout de l’histoire principale si vous ne dérivez pas trop sur les quêtes annexes. Pour obtenir le trophée platine (il faut en gros finir le jeu à 100%), ajoutez une dizaine d’heures supplémentaire.

Un premier coup d’essai réussi ?

Insomniac Games réussi ici avec brio, à nous proposer un jeu Spider-Man incroyable. Imprégné d’une histoire inédite en collaboration avec Marvel, on se laisse surprendre par le titre, le scénario, les émotions véhiculées par les différents personnages. La modélisation de Manhattan est incroyable, les rues vivantes, immersives, on s’y croirait !

Avec ses personnages iconiques, ses méchants emblématiques, on se laisse transporter dans cet univers. On sent toutefois que le studio en a vraiment gardé sous le coude, notamment sur le nombre de vilains présentés. Mais vu la qualité de ce premier épisode et l’explosion des ventes dès les premières semaines, à n’en pas douter il y aura un après Marvel’s Spider-Man.

Les quelques défauts de réalisation n’en font pas moins l’un des grands jeux de ce dernier trimestre ! Je ne peux que vous recommander d’acheter le titre si ce n’est pas fait, sur la toile bien entendu :)

Ce que j’ai aimé :

  • Tisser sa toile de building en building
  • Graphiquement époustouflant (même sur PS4 « normale »)
  • Gameplay fluide et efficace
  • On prend du plaisir avec les collectibles (notamment les sacs à dos)
  • Un large panel de compétences, techniques, gadgets, etc.
  • Des tenues vraiment classes
  • Histoire inédite et prenante
  • La modélisation de Manhattan : sublime et vivante
  • Des scènes spectaculaires
  • Une excellente durée de vie
  • Le mode photo qui fait toujours son effet

Ce que je n’ai pas aimé :

  • La plupart des combats de boss peu mémorables
  • Doublage de Peter Parker (désolé pour les fans de Donald Reignoux)
  • Les quêtes annexes répétitives
  • On aurait aimé plus de quêtes mettant en scène d’autres vilains
  • L’annonce du premier DLC et de son contenu avant même la sortie du titre
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