Le mois de mars est décidément bien fourni. Après le superbe Horizon Zero Dawn de Guerrilla, c’est au tour de NieR Automata, dernière réalisation de PlatinumGames.

Un studio qui garde ses automatismes

Si vous ne le saviez pas, NieR Automata est la suite de Nier sorti il y a sept ans. Nier lui-même est un spin-off de la série Drakengard. En effet son histoire se déroule après l’une des nombreuses fins que propose ce dernier.

Si Nier était développé par Cavia, ce n’est pas le cas de son aîné. Place au studio PlatinumGames, connu aussi bien que pour ses bons titres (Bayonetta et Bayonetta 2) que pour ses mauvais (Teenage Mutant Ninja Turtles : des mutants à Manhattan).

Alors forcément, après ces développements, PlatinumGames a gardé certains automatismes. Bien que NieR Automata soit désigné comme un Action-RPG, il s’avère en réalité que plusieurs modes de jeu sont proposés comme je vous l’explique ci-après.

Un scénario basé sur les émotions

NieR Automata est la suite directe de Nier. Dans un futur lointain, les extraterrestres ont envahi la planète Terre, chassant et tuant par la même occasion tous les humains. Les survivants se sont réfugiés sur la lune, et ont créé par la même occasion le projet YoRHa.

Sous ce sigle, se cache une armée de robots, chargés de protéger ce qu’il reste de l’humanité. Ces androïdes ont également la responsabilité de repousser et de détruire les forces extraterrestres.

Vous incarnez 2B, une unité spéciale, douée au combat au corps-à-corps. Accompagné par 9S, et sous le commandement d’une unité appelée Contrôle, vos missions diverses et variées vous conduiront la plupart du temps à reprendre des bastions stratégiques aux forces ennemies.

Si les deux compères sont des robots, et ne ressentent pas d’émotions, il n’est pas rare qu’ils se posent des questions sur ce que ressentent les humains, surtout 9S. Et c’est là, la force du scénario de NieR Automata.

Rassurez-vous, je ne vous dévoilerai pas celui-ci mais sachez toutefois que « l’humanité », « les sentiments humains » sont les principaux leitmotivs de NieR Automata et son créateur Yoko Taro ne dira pas le contraire.

Comme ses inspirations premières – Drakengard et Nier – NieR Automata propose de multiples fins qui facilitent la compréhension du scénario. Vous devrez terminer l’aventure trois fois pour réellement connaître le fin mot de l’histoire.

Combatomata

Dès le début, NieR Automata vous plonge dans un combat à la sauce Shoot’em Up. Vous contrôlez 2B et êtes dans l’un des modules mis à disposition par le groupe YoRHa. Les combats sont fluides et dynamiques. Ce constat est fait également lorsque vous contrôlez 2B à la troisième personne.

Les transitions du mode Shoot’em up au mode Beat’em all se font naturellement, sans à-coups grâce à un changement de plan (ou caméra) astucieux. Parfois même le jeu devient un simple jeu de plateformes 2D.

Ces différentes variations permettent également de proposer un gameplay différent, surtout lorsque que le plan devient un plan 2D et qu’il n’est donc plus possible de se mouvoir comme on le voudrait (hormis sauter et se déplacer à droite ou à gauche).

Dans tous ces styles de jeux, là encore le gameplay se veut simplifier. Deux touches servent à attaquer en utilisant deux armes différentes. Une touche pour sauter et une autre touche pour esquiver les attaques ennemies. Comme pour certains de ses précédents titres, PlatinumGames a voué une attention particulière à l’esquive.

Dans NieR Automata, elle tient une place prépondérante dans les combats. L’esquive, si elle est exécutée au bon moment, vous permet d’effectuer une attaque violente qui en général produit beaucoup de dégâts. Vous l’aurez compris, lorsque les ennemis sont nombreux c’est particulièrement utile. Une animation « ralentie » pendant laquelle 2B se téléporte, vous prouvera que l’esquive a été réussie.

Pimp my droid

Si l’UHD est simple et ne comporte que très peu de données, vous pouvez en réalité décider de ce que vous affichez à l’écran. Vous avez sans doute remarqué la présence d’un Pod, qui vous accompagne systématiquement. Il peut être personnalisé, via le menu compétences, à l’aide de puces.

Ici repose tout le système d’automatisations de NieR. Personnellement ce système de puces m’a fait penser au système de « Gambits » dans Final Fantasy XII, en moins poussé.

En effet une pléthore de puces est à votre disposition, que vous pouvez gagner en tuant des ennemis ou en commercant avec un marchand. Chaque puce prend plus ou moins de place dans votre Pod. Et même si vous pouvez augmenter sa capacité chez certains vendeurs, vous serez rapidement à court d’emplacement. Il faut donc les choisir judicieusement.

Elles offrent différentes fonctionnalités mais les plus surprenantes restent les compétences automatiques. En effet vous pouvez définir sur votre Pod un tir, une utilisation des objets de soins ou un changement d’arme, automatique.

Certaines nuisent au gameplay, c’est le cas par exemple du lock auto (qui se fait normalement avec L2) qui entraîne des mouvements de caméra à faire vomir lorsque vous rencontrez plusieurs ennemis. En revanche certaines sont vraiment sympas comme la puce permettant au Pod de tirer en continu à l’approche d’un ennemi. En revanche elle n’est présente qu’en mode de difficulté facile. C’est vraiment utile lorsque vous êtes dans un combat de type Shoot’em up.

De manière générale, ces composants offrent la possibilité également de corser ou non le jeu. En plus de la difficulté choisie en démarrant une partie (facile, normale ou difficile), vous pouvez très bien vous mettre des handicaps supplémentaires. C’est également une manière de personnaliser son gameplay, chaque joueur peut y trouver son compte.

Vous pouvez également changer l’apparence de votre Pod depuis ce menu. Certaines apparences s’obtiennent au cours de quêtes, d’autres étaient réservées aux précommandes.

Le choix des armes

Dans NieR Automata, les armes sont variées et proposent un gameplay différent. Si d’emblée vous commencez avec un katana et une épée lourde, très vite vous pourrez vous procurez chez le marchand, des poings, des lances et d’autres variétés ayant leur caractéristiques propres.

Si une épée à deux mains provoque beaucoup de dégâts, son utilisation sera moins aisée qu’un katana par exemple. Les poings quant à eux sont très efficaces au corps-à-corps, faut-il encore s’approcher suffisamment près pour en profiter.

L’utilisation des armes reposent sur deux touches : et . La première permet d’effectuer des attaques lourdes, la seconde des attaques légères. Il est possible d’inverser rapidement l’emplacement de chacune pour être plus efficace selon l’ennemi.

Depuis le menu principal, vous pouvez (tout comme pour les Pod) améliorer chacune de vos armes. Bien entendu ces améliorations nécessitent des ressources que vous trouverez durant votre progression sur le sol. Toutefois, certaines d’entre elles ne se gagnent qu’en terminant des quêtes. D’autres sont extrêmement rares et vous demanderont de battre certains ennemis cachés.

Une direction artistique assumée

Je ne vais pas le cacher, quand j’ai su que PlatinumGames était aux commandes de cette suite de Nier, j’ai tout de suite pris peur. Non pas à cause du gameplay mais plutôt à cause des graphismes. Ma dernière expérience de ce studio (TMNT) ne m’a pas beaucoup plu. En effet malgré un respect de la licence des tortues mutantes, les graphismes étaient vraiment pauvres. Je vous rassure de suite, même si tout n’est pas parfait dans NieR Automata, les graphismes restent corrects.

La terre ressemble à un champ de batailles, elle porte les stigmates de l’invasion des extraterrestres. La plupart des bâtiments sont écroulés et la nature a pris possession des lieux. Si certains environnements sont correctement travaillés, d’autres en revanche sont pauvres de détails et plutôt ternes. Les jeux de lumières sont généralement fades et heureusement que l’ambiance globale du titre rattrape le tout.

Les ennemis mécaniques qui peuplent les différentes zones mettent un peu de vie dans tout ça. La transition entre chaque environnement se fait là encore d’une facilité déconcertante. Aucun de temps de chargement ne vient gâcher la découverte d’une nouvelle zone.

L’œuvre de PlatinumGames révèle toute sa dimension artistique avec le chara-design et l’ambiance musicale. Si durant le début du jeu, 2B est peu loquace, au fil du temps et de son aventure accompagnée de 9S, l’androïde se montrera plus humaine que jamais. La relation qui unit les deux personnages est vraiment prenante et remplie d’émotions.

La direction sonore quant à elle est, pour moi, l’une des plus belles que j’ai entendue dans un jeu à ce jour. Okabe Keiichi a composé une bande son fabuleuse, teintée de poésie et d’émotions. Selon les zones traversées ou les moments clés de l’histoire, la musique change, tantôt émouvante, tantôt prenante avec un tempo accéléré. Ce qui marque également cette bande-son, c’est la présence de chœurs. Quand ils sont couplés avec les notes de musiques classiques ou lyriques, cela fait mouche immédiatement. Et que dire de la prestation d’Emi Evans, sans qui certaines musiques seraient bien ternes.

Le côté RPG

Conclure ce test sans parler du côté RPG de NieR Automata serait un oubli majeur. Si personnellement, je préférais m’attarder sur l’aventure principale et la découverte du scénario, rien ne m’empêchait de m’adonner à quelques activités annexes.

La majeure partie des quêtes vous seront proposées dans le camp de base de la résistance. Comme tout bon RPG qui se respecte, ces missions secondaires sont variées et vous n’échapperez pas par exemple à celles de type Fedex (apporter un objet à quelqu’un d’autre). D’autres vous permettent d’obtenir de précieuses ressources pour améliorer votre équipement ou mêmes des armes. On peut accepter plusieurs quêtes à la fois. Un indicateur rouge apparaît ensuite sur la carte.

NieR Automata propose un monde ouvert gigantesque, si bien que tout parcourir à pied (ou en courant) est vite usant. C’est pourquoi vous pouvez sans problème vous téléporter d’une borne à une autre (cette fonctionnalité n’est pas immédiatement disponible) ou « chevaucher » un animal. Il faut toutefois attirer l’animal en question grâce à un appât.

Si toutes ces quêtes ne sont pas suffisantes pour vous, vous avez également l’opportunité de pêcher, avec votre Pod en guise d’appât/canne.

Pour un jeu ou bon nombre d’actions sont automatiques, vous devrez réaliser vous-même vos sauvegardes. Pensez donc à sauvegarder votre progression régulièrement sous peine de devoir recommencer. Si par malheur vous devriez mourir, sachez que vous pourrez retourner sur le lieu de votre mort et récupérer vos ressources sur votre cadavre. Toutefois si vous mourrez une nouvelle fois ou si vous mettez trop de temps, le corps disparaitra.

Un titre avec des lacunes mais beaucoup de qualité

Si mon avis vous a semblé mitigé sur certains points, je peux vous dire que NieR Automata reste une très belle expérience vidéoludique selon moi. Oscillant entre défauts et qualité, le titre de PlatinumGames a su me charmer.

Les différentes séquences de caméra modifiant par la même occasion le type de jeu, sans aucune transition, montre la qualité du développement. Les combats plus dynamiques que jamais et la combinaison des différentes puces sur votre Pod vous permettent de personnaliser le gameplay selon votre façon de jouer.

La direction artistique vient envelopper et sublimer le titre en gommant les aspects techniques qui datent un peu. Le scénario prenant du début à la fin, nous montre que le studio PlatinumGames a su redorer le blason d’une licence qui n’avait pas été accueillie correctement il y a sept ans.

Partie comme ça, la série NieR a encore de beaux jours devant elle.

Points positifs

  • Un scénario prenant à découvrir en plusieurs parties
  • Des combats dynamiques
  • Les changements de plan et différents modes de jeux
  • Le système de puces
  • Une bande originale au top
  • La fluidité des combats, des transitions entre chaque zone

Points négatifs

  • Quelques environnements fades et ternes, sans détails
  • Certaines missions annexes ennuyantes et dénuées d’intérêt
  • Pas de sauvegarde automatique
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Un commentaire sur cet article

  1. cireza -

    Découvert cette année sur Xbox, Nier Automata est pour moi un titre majeur de cette génération de consoles.

    Platinum Games a fait le nécessaire sur la réalisation. C’est beau, ça fait le boulot. Pareil sur le gameplay, efficace mais ne révolutionnant rien en particulier.

    En revanche, là où le jeu est très puissant, c’est sur son histoire. Une fois que l’on a bien avancé dans le jeu, que les révélations sont faites, et que les dernières pièces se mettent en place, on réalise l’aspect incroyablement tragique de l’ensemble. Ceci étant dit, les réponses ne sont pas vraiment données de façon claire. Il faut aussi passer du temps à lire les archives que l’on récupère pour comprendre un maximum de choses. Et bien sûr, il y a une part d’interprétation.

    D’un point de vue narratif, je place le jeu aux-côtés de Steins Gate ou encore Catherine. Ou plus ancien, Snatcher. Des expériences puissantes et chargées d’émotions. C’est relativement rare mine de rien.

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