Si comme moi, vous souhaitiez connaître l’origine des noms des 16 colosses de Shadow of the Colossus, alors cet article est fait pour vous.

Avant-propos

Sorti il y a maintenant plus d’une semaine sur PS4, Shadow of the Colossus ou Wander and the Colossus au Japon est le remake du jeu éponyme sorti en 2006 sur PlayStation 2. Après avoir fait l’objet d’un remaster sur PS2 en 2011, c’est 7 ans plus tard que le jeu débarque avec des graphismes revus et corrigés sur PS4. Dans Shadow of the Colossus, vous incarnez Wander, qui, pour sauver une jeune femme, devra combattre 16 colosses.

Vous vous demandez certainement pourquoi tel nom a été choisi pour tel colosse ? Figurez-vous que je me suis posé la question également et j’ai fait quelques recherches pour en savoir plus.

J’ai tenté de traduire les noms latins en étant le plus logique possible mais il semble parfois qu’ils ont été mal choisis ou que les formes de chaque mot ont été mal employés. Il faut savoir qu’en latin (comme en grec ou en allemand) il y a pas mal de déclinaisons pour les mots, les verbes, etc. Quand on fait une traduction littérale, on remarque quelques incohérences, il n’est pas exclu donc que le studio original se soit trompé.

J’ai fait pas mal de recherches sur Internet pour trouver ces informations. Voici les sites sur lesquels j’ai trouvé les informations : Team Ico, Live journal, Wikipédia.

Attention : cet article peut spoiler si vous n’avez pas terminé le jeu.

I. Valus

Désignation : Le minotaure. Nom latin : Minotaurus colossus (Le minotaure colossal).

I – Valus

Les sources convergent à ce sujet, Valus pourrait être un dérivé du verbe latin « Valere » qui signifie « être fort ». Pour les développeurs du jeu, ce colosse avait pour nom de code « Minotaur A ». En effet les colosses #VI et #XV étaient désignés eux aussi comme des minotaures (Minotaur B et C). Par conséquent rapprocher Valus de Valere n’est pas aussi farfelu que ça.

A noter que l’on considère souvent Valus comme le principal antagoniste du jeu car c’est celui qui apparaît sur la jaquette du jeu mais aussi sur la plupart des marchandises dérivées.

II. Quadratus

Désignation : Le mammouth / Le taureau. Nom latin : Taurus magnus (Le taureau est grand).

II – Quadratus

En latin Quadratus est un nom masculin (« Quadrāta » pour féminin et « Quadrātum » pour le pluriel) qui signifie « Carré » ou de « Forme carré ». Quand on regarde le colosse, on comprend aisément pourquoi. Le préfixe « Quad » pourrait également faire référence à ses quatre pattes. De plus le fait qu’il soit désigné comme le Mammouth (ou Le taureau selon les traductions) appuie cette théorie.

III. Gaius

Désignation : Le chevalier (ou Le Chevalier de la Terre). Nom latin : Terrestris veritas (La vérité des plantes)

III – Gaius

Gaius fait clairement référence à la déesse primordiale Grecque, Gaia. Considérée comme l’une des déesses mères, les développeurs ont peut être choisi le nom de Gaius pour masculiniser le colosse. Gaia est souvent utilisé dans les jeux-vidéo pour faire référence à la Terre, à la Vie (boss secret de Final Fantasy IX qui ressemble à une planète).

IV. Phaedra

Désignation : Le cheval. Nom latin : Equus bellator apex (La course du cheval guerrier).

IV – Phaedra

Hormis l’abscence de queue, on peut nettement dire que Phaedra ressemble à un cheval. Alors pourquoi ce choix ? Dans la mythologie grecque, Phaedra (ou Phèdre en français) alors épouse de Thésée, tombe amoureuse de son beau fils, Hippolyte. Mais ce dernier ne l’entend pas de cette manière et rejette l’amour de Phèdre. Ayant peur qu’il ne dévoile tout à son père Thésée, Phèdre alla voir son époux pour lui dire qu’Hippolyte la maltraiter. Thésée était alors furieux et en appela au dieu Poséidon qui lui devait trois vœux. Le dieu de la mer invoqua un terrible monstre marin à Trézène (ville qui se trouvait près de la mer), ce qui eut pour effet d’effrayer les chevaux qui conduisirent le char d’Hippolyte. Déséquilibré, ce dernier tomba, et fut trainé par ses chevaux, ce qui provoqua sa mort.

A noter que la racine même du nom Hippolyte, Hippos, signifie le cheval. On le retrouve dans de nombreux termes aujourd’hui : Hippodrome, Hippocampe (cheval de mer), etc.

V. Avion

Désignation : L’oiseau. Nom latin : Avis praeda (Oiseau de proie).

V – Avion

Ce colosse est un oiseau, ce qui pourrait expliquer le choix du nom. Vous savez tous ce qu’est un avion, du coup c’est assez cohérent. A noter qu’en anglais, le mot « avian » désigne un oiseau. Le nom de ce colosse peut donc être un dérivé du mot anglais.

VI. Barba

Désignation : Le géant barbu. Nom latin : Belua maximus (La plus grande créature).

VI – Barba

C’est le deuxième colosse considéré comme un minotaure par l’équipe de développement. Le mot latin Barba signifie « Barbe » et quand on voit le colosse et sur la manière dont il faut le tuer (il faut grimper à l’aide de sa barbe), on n’est guère étonné du nom choisi. Le nom latin choisi, désigne, quant à lui la taille de la créature.

VII. Hydrus

Désignation : L’anguille électrique. Nom latin : Draco marinus (Le dragon de mer).

VII – Hydrus

Là encore l’origine d’Hydrus a été facile à déterminer. En latin « Hydrus » signifie « Serpent de mer ». La forme du colosse et le fait qu’il soit dans un lac, confirment ce choix. Enfin son nom latin va de pair avec son nom dans le jeu.

VIII. Kuromori

Désignation : Le lézard. Nom latin : Parietinae umbra (Ruines de l’ombre).

VIII – Kuromori

Le nom de ce colosse pourrait être découpé en deux parties : Kuro et mori. « Kuro » signifie « noir » et « mori », « bois » (dans le sens forêt). Dans le jeu, il faut traverser une forêt pour trouver ce colosse (« mori »). Le colosse est tapi dans l’ombre (« kuro »), dans une grotte où se trouve des ruines. Du coup le nom latin est parfaitement choisi également.

IX. Basaran

Désignation : La tortue. Nom latin : Nimbus (tempête de pluie) recanto (de l’écho, répéter).

IX – Basaran

J’ai fait pas mal de recherche, dans plusieurs langues et je n’ai rien trouvé de concluant. Plusieurs fois les traductions « fonder », « sous-sol » ou « les bassins » sont ressorties mais je ne sais vraiment pas quoi en penser. J’ai même essayé de découper le mot ou de changer une lettre. Enfin la recherche d’anagrammes ne donne rien.

La désignation latine quant à elle de ce colosse, n’a pas vraiment de sens si on essaie de la traduire littéralement. On pourrait penser que « recanto » voulait faire référence à l’écho étant donné que le colosse se trouve dans une grotte quand vous le rencontrez. Pour le tuer il faut le renverser à l’aide des geysers situés au sol, ce qui pourrait (vraiment de loin) faire référence à Nimbus.

Si vous avez d’autres idées je suis preneur :)

X. Dirge

Désignation : Le vert de sable. Nom latin : Harena tigris (Le tigre de sable).

X – Dirge

On pourrait traduire « Dirge » par « chant funèbre ». Là encore difficile de savoir pourquoi ce nom a été choisi… Si vous connaissez la raison, n’hésitez pas à poster un commentaire.

XI. Celosia

Désignation : Le tigre. Nom latin : Ignis excubitor (Les sentinelles de feu).

XI – Celosia

En grec, le prénom Celosia peut désigner « la combustion » ou « les flammes ». Quand on sait que le feu est l’élément principal de ce colosse (mais bizarrement aussi sa faiblesse), cette origine tient debout.

XII. Pelagia

Désignation : Le monstre des mers. Nom latin : Permagnus pistrix (Le grand monstre des mers).

XII – Pelagia

Le prénom « Pelagia » vient du grec « Pelagios » qui signifie de « haute mer » ou du latin « Pelagius » qui signifie « mer ». Le combat contre ce colosse se déroule en mer, ce qui rend plausible l’explication.

XIII. Phalanx

Désignation : Le serpent volant. Nom latin : Aeris (de l’atmosphère) velivolus (couvert de voiles).

XIII – Phalanx

Là je pense qu’ils sont allés chercher loin le nom de « Phalanx ». Dans la Grèce antique, les phalanxes correspondaient à une formation militaire ou des soldats étaient rangés en rang et en ligne de manière très rapprochée. C’est d’ailleurs de là que vient le mot français « phalange » (celles des doigts). La structure du bataillon (et celle des doigts) pourraient rappeler le design du colosse (découpé en strates comme une phalange).

La désignation latine ne tient là encore pas debout. Je me demande ce que les développeurs ont voulu dire^^ ou alors je n’ai pas compris.

XIV. Cenobia

Désignation : Le lion. Nom latin : Clades candor (Éclat de destruction).

XIV – Cenobia

« Cenobia » est un prénom espagnol et peut signifier « Né de Zeus ». Je vous avoue que pour le coup je ne comprends pas le choix et le fait que ce colosse soit désigné comme un Lion. Toutefois il semblerait que dans l’artbook officiel, le studio désigne Cenobia comme Cerberus. Même si Cerbère était considéré comme un chien à trois têtes, on peut faire le parallèle entre les déplacements d’un chien enragé et d’un lion.

Quant au nom latin, il coïncide avec ce que dit Dormin dans le jeu. En effet il parle de Cenobia comme un colosse qui « a soif de destruction ».

XV. Argus

Désignation : Le guerrier. Nom latin : Praesidium vigilo (L’observation de la protection).

XV – Argus

Dans la mythologie grecque Argos Panoptès (ou Argus en latin) et un géant, fils de Zeus. Dans le jeu, effectivement ce colosse est l’un des plus grands. En revanche si selon les mythes, Argus aurait 100 yeux (50 qui dorment et 50 qui restent évéillés, pour ne jamais tromper sa vigilance), ce n’est pas le cas dans Shadow of the Colossus.

Encore une fois, la désignation latine est un peu tiré par les cheveux. On pourrait justement penser que le mot vigilo (d’ou vient vigilance) ferait référence aux 100 yeux du colosse dans la mythologie grecque mais difficile d’en savoir plus.

XVI. Malus

Désignation : Le sorcier. Nom latin : Grandis supernus (Le grand supérieur).

XVI – Malus

Le mot malus désigne de manière générale quelque chose de négatif. On pourrait penser que le studio a choisi ce nom pour représenter le fait que ce colosse est le mal incarné, le dernier monstre à battre, etc. Le nom latin nous en apprend davantage, et traduit parfaitement la taille impressionnante de ce monstre (qui est le plus grand des 16 colosses).

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12 commentaires approuvés sur cet article

  1. hurl/howl, Neiluj... . -

    Bonjour,

    Je suis en train de regarder un Let’s Play de Shadow of the Colossus Remake, en souvenir du grand moment que j’avais passé sur l’original. J’en suis à l’affrontement avec le colosse IX. Basaran et j’ai eu une idée concernant l’explication du nom qui semble t’échapper.

    Bon… c’est très fragile et surement faux… mais…

    « Basaran » signifie prunelle (prune sauvage) en basque/espagnol. Et je ne sais pas si, dans ce sens, l’on peut également faire une association avec la « prunelle des yeux », mais ces prunelles bleues qui luisent dans la brume, sont les seuls éléments que l’on aperçoit du colosse lorsque ce dernier surgit de derrière les geysers et qui nous informent de sa présence.

    J’ai également un autre sens pour le nom de VIII. Kuromori, puisque si en japonais  » mori 森  » signifie  » forêt « , il signifie aussi  » protecteur/gardien  » sous le kanji  » 守 « .
    Et le  » gardien noir  » sonne pas trop mal non plus.

    Au plaisir de peut-être d’autres retours au fil de mon voyage sur les Terres Interdites.

  2. hurl/howl, Neiluj... . -

    Bonjour,

    Je repasse en ces contrées afin d’exposer quelques idées concernant l’explication du nom d’un autre colosse semblant t’échapper.

    Il s’agit, cette fois-ci, de X. Dirge.

    La traduction par « chant funèbre » pourrait effectivement faire sens, et ce pour plusieurs points :

    Tout d’abord, ce colosse est le seul pouvant être qualifier de chthonien, puisqu’il vit sous le sable et dans une grotte ; ce qui pourrait faire référence aux divinités infernales et telluriques de la mythologie grecque.

    D’autre part, Dirge est probablement l’un des colosses le plus agressif. Il est le seul colosse qui semble véritablement traquer, poursuivre et chasser Wander pour le dévorer. D’autant plus qu’en dehors du mode Difficile, Dirge inflige le plus de dégâts en une seule attaque que n’importe quel autre colosse. C’est une véritable machine de mort dont les yeux paraissent constamment orange de rage lorsque ceux de ses frères s’apaisent de bleu alors qu’ils se calment par moment.

    On peut également relever que le colosse n’est pas très expressif vocalement, si ce n’est lorsqu’il bondit hors du sable, ou que Wander estoque le sceau de ses points faibles. Le colosse émet alors un gémissement aigu et criard pouvant être apparenté à un « chant funèbre »…

      1. hurl/howl, Neiluj... . -

        J’ai découvert cette page en faisant des recherches sur l’origines des noms des colosses. Et tes explications sont très pertinentes.
        On ressent vraiment la passion derrière tes interrogations. Et comme tu l’expliques dans ta présentation, je suis également quelqu’un qui aime pousser les jeux m’ayant fait exprimer le plus de chose à l’analyse et à l’étude.
        On réalise, par ailleurs, que le titre est souvent bien plus riche et intéressant en sortant un peu de la mécanique du Gameplay et en allant explorer par soi-même.

        C’est pourquoi je suis, par exemple, intrigué par la signification des noms des colosses et que j’ai eu envie de te partager mes idées ainsi qu’à tous ceux qui chemineraient jusqu’ici.

  3. hurl/howl, Neiluj... . -

    Bonjour,

    J’ai eu un petit peu de temps, et j’ai décidé de me pencher sur les colosses précédents IX. Basaran, pour lesquels je n’avais pas encore commencé à m’interroger sur ce que m’évoquait leurs noms.

    Et j’ai peut-être soulevé d’autres pistes intéressantes…

    Je commence donc par I. Valus :

    Et comme tu le soulignes, beaucoup s’arrêtent sur une possible dérivation du mot latin « valeō (, ūi, ītum, ēre, int.) » signifiant « être fort, vigoureux » et qui pourrait, en effet, définir la figure du Minotaure d’après lequel ce colosse a été créé.
    Mais pour ma part, je préfère me référer, du moins, j’aime y ajouter, les racines latines « vallis/vallēs (, is, f.) », « valo (āvi, ātum, ăre), « vallum (, i, n.) » et « vallus (, i, m.) » qui peuvent se traduire respectivement par « vallée/vallon », « entouré de palissades/retranché/fortifié », « levée de terre/rempart » et « pieu » ; car ce premier colosse n’est accessible qu’en escaladant un versant hérissé de hauts murs fortifiés et arpente son vallon cerclé de contreforts tel un énième pic de palissade dans son armure faite de remparts à gravir.

  4. hurl/howl, Neiluj... . -

    Continuons avec II. Quadratus :

    En effet, comme tu l’indiques, du latin « Quādrătus (, a, um) » qui signifie « carré », on attribue généralement l’état de solidité et de stabilité à cette forme. De ce fait, on pourrait aisément faire le rapprochement avec le caractère massif et puissant des animaux se défendant en chargeant, tel le taureau où le mammouth d’après lesquels ce colosse a été créé.

    Comme tu le précises, le préfixe « Quăd- » a d’ailleurs une valeur numérique, puisqu’il renvoie au nombre « quatre » (les quatre côtés d’un carré) et pourrait aussi symboliser le « Quădrŭpědans (, tis) », « celui qui va sur quatre pieds ».

    Par contre, les termes très proches « Quădrātārĭus (, a, um) » et « Quădrātŏr (, ōris, m.) » signifiants « en pierres carrées/tailleur de pierre » et « celui qui équarrit » évoquent également la force et la puissance par le fait de casser le roc ou d’être taillé dans la pierre. Ce qui fera d’ailleurs écho à l’entrée en scène du colosse, qui éventre une falaise de sa corne restante ainsi qu’à son corps incrusté de roches.

  5. hurl/howl, Neiluj... . -

    Poursuivons avec III. Gaius :

    A nouveau, c’est exact, du latin « Gāius (, Gāi, m.) », il est la variante masculine du prénom « Gāia (, æ, f.) », qui fait évidemment référence à la Déesse Mère primordiale grecque du même nom, dont la racine Gê signifie « Terre » en grec ancien.

    En effet, le nom latin du colosse : « Terrestris Veritas (La Vérité Terrestre) » n’en laisse aucun doute. D’autant plus qu’elle-même gigantesque, Gaïa côtoiera des êtres démesurément grands et forts en enfantant Titans, Titanides, Cyclopes et autres Hécatonchires.

    Pourtant, certains y voient tout autant une plausible référence aux porteurs du nom latinisé « Cāĭus (, i, m.) », faisant le plus souvent partie du corps de l’armée romaine antique, et notamment à Caius Iulius Caesar IV/Imperator Iulius Caesar Divus (Jules César).

    Pour ma part, c’est sa désignation et son nom de code « Le Chevalier » qui m’ont intrigué et amené à élaborer une autre théorie :
    Et j’aime à penser que Gaius soit inspiré du personnage de la légende arthurienne : le chevalier Keu.

    « Keu » est le dérivé français du nom gallois Cai, lui-même une dérivation du latin « Cāĭus (, i, m.)/Gāius (, Gāi, m.) ». Mais on peut retrouver une orthographe différente du nom selon les auteurs des œuvres où il figure et leurs époques : Cai, Cei, Kei, Key, Kai, Kay, Ké, Kou, Queuz, Kex ou Kés…

    Ce qui est intéressant avec ce personnage, est la dimension mythologique qui tranche avec les Caius de Rome et surtout ses traits, sa personnalité, ses qualités et les détails l’entourant qui font beaucoup plus corps avec le colosse que le ferait la figure de Gaïa.

    En effet, Keu est décrit comme puissant, irascible, et loyal ; tout comme il peut être maladroit et fourbe, ce qui définit bien ce colosse qui en impose par sa force, sa véhémence, tout en détériorant lui-même son armure en frappant son arme contre un socle de métal.

    Mais ce qui a solidement scellé ma découverte, est que Keu soit l’un des personnages les plus importants des Chevaliers de la Table Ronde…
    Une Table Ronde qui m’a sauté aux yeux dans la forme circulaire très caractéristique de l’arène de combat surélevée et reprise par le socle de métal en son centre.

    Un autre élément central du combat est évidement l’épée démesurée de Gaius qui pourrait si bien évoquer Excalibur, que Keu a d’ailleurs brandit lors d’un tournoi avant de réaliser ce qu’elle était ; car Arthur, alors élevé par Antor, le père de Keu et improvisé écuyer de ce dernier pour un tournoi, avait sorti Excalibur de la Pierre afin de remplacer l’épée de son frère nourricier qu’il avait égaré.

    En poussant l’analyse, on pourrait imager les remparts subsistants de l’armure de Gaius par le mur d’Hadrien et ceux explosant sous l’impact de l’épée sur le socle de métal par le mur d’Antonin finalement dépassé par les Pictes.

    Pour finir d’alimenter le champ lexical du colossal, la littérature galloise honore Keu du nom de « Cai Hir » signifiant « Keu le Grand », il est celui qui aida à défaire le Géant du Mont Saint-Michel et qui terrassa le géant Wrnach, tout comme ses possibilités surhumaines lui conféreraient le pouvoir de devenir aussi grand qu’un arbre.
    _____________

    PS : Un seul petit remord… Qu’une fois vaincu, le colosse s’écroulant, ne laisse pas son épée tomber dans l’étendue d’eau encerclant l’arène, car cela aurait pu joliment évoquer la légende d’Excalibur et de la Dame du Lac…

      1. hurl/howl, Neiluj... . -

        De rien,

        C’est en grande partie de la divagation ; mais les détails s’accumulant d’eux-mêmes et tout en sachant que la Team Ico n’ont surement pas développé leurs concepts dans ce sens, c’est autant plus étrange et passionnant pour moi.

  6. hurl/howl, Neiluj... . -

    Passons à V. Avion :

    Comme tu le précises, afin de mieux comprendre la signification du mot « avion » il faut un peu creuser son étymologie.

    Il est donc le substantif masculin du terme français « aviation », qui à lui-même été construit à partir du verbe « avier », un dérivé du latin « ăvis (, is, f.) » signifiant « oiseau », ainsi que du suffixe « -ation » venant du latin « -atio » et exprimant l’idée d’ « action ».

    Aviation pourrait alors être transcrit par « action de l’oiseau » que l’on déclinera en « action de voler ».

    De ce fait, le mot « avion » est également un dérivé du latin « ăvis (, is, f.) », mais un mot partiellement inventé puisqu’il n’est qu’un substantif du terme complet « aviation » ayant pour but de définir l’appareil permettant l’action de voler. Soit « un appareil ailé pour la navigation aérienne ».

    D’autre part, si l’aura du mot avion est assez évidente pour en nommer ce colosse, le terme « Delta », présent dans la désignation du colosse : « Le Phénix Delta », l’est, par contre, beaucoup moins…

    On peut déjà penser à la description approximative des ailes du colosse, se rapprochant quelque peu de la forme triangulaire caractéristique des Ailes Delta. De plus que ces ailes volantes/planantes peuvent faire référence aux prototypes des tous premiers avions qui étaient réalisés à partir de structures de bambou entoilées de coton et qui se contrôlaient par déplacement du corps, tout comme les deltaplanes pendulaires contemporains.

    Et si c’est une explication viable, en envisageant la construction grammaticale autrement, j’ai pensé à une signification un peu plus profonde et portant le « Phénix » à son statut mythologique.

    En effet, si l’on considère la désignation du colosse comme « Le Phénix du Delta », on pourrait voir naître la figure de « Bénou », ou « bnw » en translittération Hannig, l’Oiseau Dieu, la représentation de l’âme de Rê (« bâ ») qui le précède dans la barque solaire et niche dans le Delta du Nil.

    Bénou est lié à Rê et à toutes ses formes selon l’état du soleil. Autant à Khépri (le lever, la résurrection du soleil) qu’à Rê (le Zénith, la toute-puissance du soleil) ou qu’à Atoum (le couché, la mort du soleil) ; si bien que son association à la résurrection, à la création et au renouveau en font l’« Oiseau qui renait de ses cendres ».

    Il deviendra d’ailleurs le « Phoinix » (« le Phénix ») chez les grecs, une déclinaison probable du verbe égyptien « wbn » qui signifie « briller », « étinceler » et « naître » lorsque l’on parle du Soleil.

    Ce qui m’a amené à considérer Bénou comme inspiration pour le colosse Avion, est aussi son arène.

    Car Bénou, également associé à la crue du Nil, nichait sur la Pierre Benben, le pyramidion central de la cité d’Héliopolis, et les ruines de l’arène, faites de restes de colonnades, de pierres dressées et jaillissants des eaux, pourraient très bien être une référence aux temples solaires d’Héliopolis baignant dans le Nil en crue.

    La mort du colosse peut également tenir de la morale, puisque tombant dans les eaux, il ne pourra renaître de ses cendres.

  7. hurl/howl, Neiluj... . -

    Parlons de VI. Barba :

    En effet, pour le nom attribué à ce colosse, tout semble limpide, « barba (, æ, f.) » signifie « barbe » en latin, et on ne peut que constater qu’il s’agit d’un attribut imposant de la créature. De plus, il est surtout un élément essentiel du Gameplay, puisqu’il est l’élément de Plateforme permettant de grimper sur le colosse afin de le défaire..

    Néanmoins, en y regardant plus précisément, d’autres éléments interrogent ; et en les étudiant ou en les mettant en relation, quelques subtilités se dévoilent et révèlent que Barba est peut-être un peu plus que la simple évocation de sa barbe…
    Et après quelles recherches en ce sens, j’en viens à penser que Barba ne serait pas inspiré par un mythe en particulier, mais serait un amalgame de sources tant bibliques qu’historiques (et légendaires).

    Les premières références auxquelles on pourrait penser sont par exemple : le Géant Dillus Farfog (Dillus le Barbu) des légendes Galloises, et dont la barbe était réputée pour de grande résistance, ou encore Samson dont le vœu de naziréat le menait à ne se couper ni cheveux ni barbe, en signe de préférence et de consécration pour Dieu, et qui lui conférait une grande force (toutefois, ce dernier n’était pas plus grand que la normale…)…

    Mais la désignation du colosse appelle plutôt à une toute autre entité. Puisqu’une des appellations mentionne le personnage de Goliath.
    Et effectivement, Goliath de Gath était le champion de l’armée des Philistins, un guerrier de si grande taille qu’il était considéré comme un descendant des Nephilims ; un terme hébreu que l’on associera, par dérivation de traduction, à « Géants ».
    Goliath est donc comparable à Barba par sa grande taille, par sa force, mais également par sa longue barbe assyrienne, sa cotte de mailles de cuivre et ses jambières d’airain.

    Des particularités physiques, entre les deux colosses, certes un peu faibles… si elles n’étaient appuyées par la similitude de leurs combats respectifs qui les mènera tous deux à la mort…

    En ce sens, on ne peut difficilement évoquer Goliath sans mentionner David, l’enfant qui lui ôta la vie.
    David, lors de cet affrontement, était encore un garçon, avec la taille et la force d’un enfant de son âge. Et la seule solution pour lui de dominer le géant Philistin était de l’amener à sa hauteur. C’est pourquoi il le fit choir d’une pierre habilement frondée à son front, et pu le décapiter avec sa propre lame et facilité, une fois Goliath au sol.

    Maintenant, si l’on s’intéresse au combat avec Barba, on peut remarquer que le seul moyen de monter sur lui, afin de respecter le Gameplay des combats et d’également pouvoir occire le colosse à l’épée, est de parvenir à le faire se baisser et ainsi accéder à sa barbe.

    Deux mécaniques offensives finalement très proches pour que le Petit (le faible) triomphe du Grand (le fort).

    Cette fois-ci, la référence est plus probable, et l’on pourrait aisément s’en contenter… si le nom de l’arène n’évoquait pas une seconde piste toute aussi forte…

    Puisque si l’on considère, cette fois-ci, le nom que porte l’arène (Canossa) et que l’on s’intéresse à la conception du jeu, on peut apprendre et remarquer que l’arène à été fortement inspirée par le château italien de la Comtesse Mathilde de Toscane : le château de Canossa.
    Et en effleurant, ne serait-ce qu’un petit peu, son histoire, un fait historique considérable s’invite de lui-même à notre petite étude…

    Le fait prend place en 1076-1077, durant la Querelle des Investitures opposant Henri IV, prochainement l’Empereur du Saint-Empire Romain Germanique, au Pape Grégoire VII pour la désignation des évêques.
    Les deux protagonistes ne s’entendant pas sur les termes de ces désignations, Henri IV destitue Grégoire VII qui lui l’excommunie en retour et délie ses vassaux de leur serment de fidélité.
    Les princes du royaume se révoltent alors, et menacent Henri IV de le déposer si l’excommunication ne devait pas être levée.
    C’est pourquoi, Henri IV décide de cheminer avec sa famille par les Alpes, en plein hiver, afin de se rendre au château de Canossa dans lequel Grégoire VII était en villégiature.

    Et voici donc pourquoi le terme de Canossa est intéressant dans cette réflexion. car c’est dans la cour du château, vêtue de bure et après trois jours à avoir attendu dans la neige, que l’Empereur Henri IV, tout « géant » de son titre, s’agenouilla en pénitence devant le Pape Grégoire, qui ne put que lever l’excommunication qu’il avait prononcé plus tôt.
    Par cet acte, Henri IV à même forgé l’expression « Aller à Canossa », qui signifie s’humilier devant quelqu’un, mais qui, comme nous l’avons vu, est née du fait de s’incliner devant un autre ; le mouvement clé que doit effectuer le colosse Barba pour que le jeu puisse continuer.

    Et pour finir joliment, en bouclant la boucle, nous pourrions relever les paroles du cardinal Deusdedit qui écrira au sujet de conflits plus lointains entre Henri IV et Mathilde de Toscane, que « La Comtesse n’a pu vaincre qu’avec l’appui de Dieu et parce que sa cause était juste, tout comme David contre Goliath. ».

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