Presque 3 ans après Rise of the Tomb Raider, la trilogie du reboot de Lara Croft initiée en 2013, prend fin avec Shadow of the Tomb Raider.

Il était une fois en 2013

Tomb Raider. Derrière ce simple titre, se cache le premier épisode d’une trilogie « reboot » des célèbres aventures de Lara Croft. Cette trilogie a été initiée par Square-Enix en 2013 sur PS3 (le titre est sorti également en « Definitive Edition » sur PS4). S’en est suivi Rise of the Tomb Raider en 2015 et enfin Shadow of the Tomb Raider cette année.

Même si le premier épisode de la trilogie a suffi pour redorer le blason à cette licence qui s’essoufflait sérieusement, il ne fallait pas moins de 3 opus pour expliquer comment Lara Croft est devenue avec les années la fameuse pilleuse de tombes !

A noter que pour ce dernier épisode c’est Eidos Montréal qui était en charge du développement (au lieu de Crystal Dynamics).

Tomb Raider avait remis la licence sur le droit chemin en proposant un personnage empathique, inexpérimenté et essayant de trouver ses marques. Rise of the Tomb Raider bien que convaincant était resté sur une même ligne directrice sans proposer de réels changements.

Shadow of the Tomb Raider suit-il la voix de ses aînés ou sort-il des sentiers battus. Le titre permet-il de conclure la triolgie en beauté ?

Au commencement il y avait les trinitaires

Comme pour les opus précédents, c’est en suivant les traces de son père, le Dr Croft, que Lara va devoir faire face une nouvelle fois à une terrible malédiction.

L’aventure Shadow of the Tomb Raider se déroule en Amérique du Sud, essentiellement au Pérou. Dans cet opus, il est toujours question des trinitaires. Dans sa quête de vengeance contre les assassins de son père, Lara devra mettre fin à l’apocalypse qu’elle a malencontreusement déclenché. Bien qu’aidé de son fidèle ami, Jonah, Lara souhaite endosser à elle seule la responsabilité de cet acte.

Et le fait que ce soit elle la responsable de ce cataclysme change la donne dans le scénario. La jeune femme se transforme : plus mature, plus sombre, plus humaine, elle prend ses responsabilités… elle devient enfin Tomb Raider !

Sans être révolutionnaire, le scénario est correct et bien ficelé. J’ai particulièrement apprécié les références à la mythologie Maya et la représentation des villages Péruviens et leurs habitants mais j’y reviendrai.

La rage au ventre

Autant le dire de suite, le gameplay de Shadow of the Tomb Raider n’est pas révolutionnaire. On retrouve rapidement ses marques et les mécaniques des précédents épisodes. S’il est tout à fait possible de rusher et de tuer les ennemis de manière brute, le jeu est mieux pensé pour l’infiltration. Et cela commence avec les nouveautés introduites par rapport aux précédents épisodes.

Lara peut désormais se couvrir de boue et se cacher ensuite contre des murs pour surprendre les trinitaires avec un coup de couteau mortel. Cette technique vous ait expliqué assez rapidement dans le jeu et reste primordial dans les niveaux de difficulté élevés. De plus, vers le milieu du jeu, les ennemis posséderont des lunettes thermiques permettant ainsi de vous trouver même si vous êtes cachés dans des fourrés. S’enduire de boue, reste donc un excellent moyen de ne pas se faire repérer.

Dans Shadow of the Tomb Raider, il existe 4 niveaux de difficulté, paramétrables en trois sections : combat, exploration, casse-têtes. Modifier l’un des paramètres change automatiquement le niveau général.

Le crafting était déjà un des éléments principaux de deux volets précédents, il est normal qu’il soit conservé dans Shadow of the Tomb Raider. Les habitués se rueront sur la création de flèches incendiaires ou empoisonnées, arsenal ô combien efficace pour éliminer les adversaires ; ainsi que sur la pose de piège sur les ennemis morts.

Mais ils pourront également utiliser les nouvelles flèches terrorisantes. L’ennemi touché par l’une de ces flèches deviendra fou et tuera ses coéquipiers, pendant que vous profitez du spectacle. Là encore c’est très efficace.

En plus du fait que ce type de munitions ne sera pas disponible immédiatement, certaines capacités ne seront acquises que lorsque vous aurez déverrouillé la compétence dans l’arbre correspondant.

Il existe trois voies : celle de l’Aigle, du Jaguar et du Serpent. La première est axée sur la Recherche (plus de matériaux trouvés), la seconde sur les aptitudes de Guerrier (pour éliminer plus facilement les ennemis) et la troisième sur les compétences de Pilleur (améliore les techniques de fabrication et la furtivité).

La plupart de ces facultés se débloquent avec des points de compétences acquis lorsque vous gagnez un niveau d’expérience. Les autres s’obtiennent automatiquement (sans nécessiter de points) en terminant les fameux tombeaux !

Enfin il est également possible d’améliorer ses armes (dégâts, portée, munitions, etc.) à l’aide de matériaux trouvés ici et là. Les habitants des deux hubs principaux, Kuwaq Yaku et la cité de Païtiti, vous vendront également quelques équipements forts utiles si vous souhaitez terminer le jeu à 100%. Ces marchands vous proposeront également contre des pièces d’or, de nouveaux arcs, fusils à pompe ou pistolets. De quoi partir dans la jungle en toute sérénité !

Autre avantage de taille, durant les combats Lara pourra fabriquer des plantes octroyant divers bonus : visée ralenti, vision des principaux objets, ennemis et animaux, et augmentation de l’endurance et des réflexes.

A couper le souffle

On n’en attendait pas moins des développeurs d’Eidos Montréal mais le jeu est sublime. En dehors des graphismes, c’est l’ambiance générale qui a été mise en avant. Tout est fait pour que le joueur se sente oppressé : échantillon de musique rapide, sons étrangers quand on rentre dans une grotte, passage étroit où l’on voit que Lara peine à progresser et bien entendu beaucoup de cadavres, squelettes et sang ! Dans l’ensemble c’est assez bien réalisé et on a vraiment l’impression que la fin du monde est proche.

Outre cette réalisation graphique quasi-parfaite (malgré il faut bien le dire, de quelques bugs de collision dont j’ai été victime sur PS4), le studio a mis un soin particulier à représenter la population Maya à travers deux principaux villages : Kuwaq Yaku et la cité perdue de Païtiti. Vous n’y trouverez aucun signe de richesse mais uniquement des villageois vivant de leur récolte, et adorant et priant les dieux.

En revanche, constat effarant, les habitants se ressemblent tous, que ce soit physiquement ou vocalement. J’ai notamment reconnu les voix d’Eric Aubrahn (doubleur de Dominique Purcell) et d’Arnaud Arbessier (doubleur de Julian Mc Mahon).

Du côté des voix principales, j’ai trouvé que le doublage français était correct bien qu’Alice David n’ait pas repris son rôle. La synchronisation labiale n’est hélas pas toujours précise. Pire encore les expressions faciles ne sont pas toujours raccord avec le message…

Un petit mot sur le mode immersif qui modifie les voix des personnages par leur voix natale. A la base c’était une vraie bonne idée sauf que l’on ne comprend pas comment ni pourquoi Lara continue de parler aux habitants des villages, en Français (ou Anglais selon) et que ces derniers la comprennent parfaitement. Dommage…

Shadow of the Tomb Raider bénéficie également de quelques scènes d’action, scriptées, assez convaincantes. Sans être abusives, ni ajoutées à outrance, elles permettent de rythmer un peu plus le jeu.

La pilleuse de tombe

Si on retire le scénario et la quête principale, Shadow of the Tomb Raider a gardé tout ce qu’il y avait dans les précédents épisodes : des défis tombeaux dont il faut percer le secret, des cryptes à visiter, des défis à réaliser, des collectibles à trouver ; vous occuperont pendant quelques heures.

Les défis tombeaux sont beaucoup plus travaillés que dans Rise of the Tomb Raider par exemple. J’ai personnellement eu l’impression de réfléchir un peu plus que pour ses aînés.

J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup moins de collectibles (une bonne chose) et qu’on pouvait assez facilement les ramasser sans avoir l’équipement adéquat (dans de très rares cas). Cela nous évite des allers-retours incessants entre les différents feux de camps ; via le voyage rapide.

La grande nouveauté du titre est la personnalisation de la difficulté selon trois axess (comme vu précédemment). Cela permet de personnaliser sa partie selon ses goûts. En revanche j’ai personnellement trouvé qu’il y avait un GAP énorme la difficulté « Rite de passage » et « A l’état sauvage ».

Dans la difficulté la plus élevée, l’instinct de survie (ou sixième sens) n’est plus disponible ce qui pour le coup, corse vraiment le jeu. Les marques blanches indiquant la voie à suivre sont également retirées. Enfin les points de passage automatique sont plus espacés et plus rares. En cas de mort, il n’est pas rare de perdre quasi une demi-heure de jeu.

Comptez environ 40 heures pour venir à bout de cette aventure, trophée platine en poche.

Une fin en apothéose ?

Shadow of the Tomb Raider garde les mécanismes qui ont fait recette dans les précédents épisodes : un scénario bien ficelé, de l’action bien rythmée, et un gameplay juste. Malgré l’absence de nouveautés, on est assez rapidement pris dans le jeu pour l’oublier.

Eidos Montréal propose une direction artistique est magnifique alors que tout ce qui est lié au doublage est peu convaincant a été semble-t-il laissé de côté. On regrette que le mode immersif n’ait pas été poussé un peu plus. Pourquoi ajouter un élément mal pensé et qui par conséquent dénature le jeu ?

Le titre propose une durée de vie correcte et des challenges à la hauteur de tous avec une gestion de la difficulté assez bien pensée.

La trilogie du reboot de Tomb Raider prend fin et on ne sait pas si d’autre épisodes verront le jour. En tout cas, aucune news ne laisse penser le contraire.

Shadow of the Tomb Raider s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs et nous offre un bon moment de jeu vidéo.

Ce que j’ai aimé :

  • L’intégration des combats : moins de gunfights, plus de cohérence
  • Les décors magnifiques
  • Un doublage français convaincant
  • Moins de collectibles à ramasser
  • Les défis tombeaux plus travaillés
  • Les références à la mythologie Maya
  • Moins bourrin et plus axé infiltration et éliminations silencieuses
  • Le mode photo, c’est à la mode mais ça reste agréable

Ce que je n’ai pas aimé :

  • Quelques bugs de collision
  • Les PNJ dans les villages qui se ressemblent physiquement et vocalement
  • Trop d’écart entre la difficulté « Rite de passage » et « A l’état sauvage »
  • Quelques modélisations de visages en-dessous
  • Finalement peu de nouveautés de gameplay
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2 commentaires approuvés sur cet article

  1. Sylvain le Roy -

    Excellent test qui te reflète l’essence du jeu, je partage complètement ton avis et j’en profite également pour te féliciter une fois de plus pour ton travail de qualité :-) xX-Slygam3r-Xx

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