Deux ans après Far Cry 3, Ubisoft Montréal nous livre un nouvel épisode de la franchise à succès. Far Cry 3.5 ou renouveau de la série, je vous laisse juger par vous même.

Moi Pagan, toi Ghale

Pagan Min

Vous incarnez Ajay Ghale, né à Kyrat, une province fictive de l’Himalaya, mais qui a fait le déplacement depuis les Etats-Unis pour venir accomplir le souhait de sa défunte mère : disperser ses cendres dans sa contrée natale.

C’est lors d’un banal contrôle d’identité qui dégénère que l’histoire commence réellement : présentation des rebelles du sentier d’or (Golden Path) mais également de l’antagoniste principal, Pagan Min, roi despote auto-proclamé. Les puristes ne pourront s’empêcher de retrouver ici le leitmotiv de la licence : un personnage qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment.

Rien que pour vos yeux

Passé cette introduction tonitruante, vous êtes aux commandes de notre jeune américain, tentant de s’échapper de la forteresse de Pagan Min. Après quelques passages mouvementés, vous êtes libres d’explorer Kyrat et c’est à partir de ce moment que vous serez subjugué par les paysages qui s’offrent à vous. Les décors sont très soignés et, chose importante, sont vivants. Vous pouvez pouvez rester des heures à regarder la faune et la flore animées.

Les paysages sont splendides

Des batailles de tigres, en passant par l’aigle qui attrape un cerf dans ses griffes, tout y est pour permettre une immersion totale dans cet environnement hostile. On est donc surpris par la beauté et la richesse de Kyrat et par les compétences qu’offrent le Dunia Engine (basé sur le Cry Engine). Cette surprise peut être quelque peu atténué, lorsque l’on décide de parcourir cette gigantesque région avec un engin volant (le buzzer). Un brouillard permanent et du clipping à répétition ne nous permettent pas de contempler les paysages lointains. De plus les limites du moteur graphique se font ressentir lorsque la nuit tombe. Un éclairage plus soutenu aurait peut être corrigé ce problème, qu’il faut avouer n’est pas non plus dérangeant au point d’arrêter le jeu.

Il faut saluer cependant la taille de la carte (légèrement plus grande que celle de Far Cry 3) et la qualité et la diversité des environnements de Kyrat. C’est simple on a vraiment l’impression que tous les décors sont différents, hormis peut être les grottes, mais bon que voulez-vous, une grotte reste une grotte !

Amita prendra-t-elle le contrôle du sentier d'or ?

La modélisation des personnages n’est pas en reste et Ubisoft Montréal a vraiment réalisé un travail de fond sur tous les personnages. Les animations, les expressions faciales, le regard, tout est réuni pour montrer quel(s) sentiment(s) habite(nt) tel ou tel protagoniste ou antagoniste. La folie que dégage Pagan Min, la soif de rédemption de Longinus, la détresse d’Amita ou encore l’inquiétude de Sabal, montre à quel point le studio ne s’est pas uniquement concentré sur le personnage principal. J’ai d’ailleurs trouvé que seul Ajay Ghale manquait d’émotions et de charisme mais ce n’est pas très gênant étant donné que vous ne pouvez le regarder qu’en incarnant Hurk en mode coopération.

Les animaux présents dans cette vaste contrée ne sont également pas mis de côté. Les textures utilisées sont fidèles à la faune existante actuellement dans le monde réel. On ne pourra que regretter le manque de diversité des animaux aquatiques.

Les armes sont également très jolies et notamment les effets de reflets apportées sur celles-ci. Leurs animations, bien qu’un brin classique et à l’image de ce qui était fait dans Far Cry 3, restent correctes. De plus le panel d’armes disponibles et leurs améliorations associées (moyennant finance) nous feront longtemps hésiter sur nos achats.

Quant aux animations du personnage, relatives au gameplay, elles sont identiques aux précédents épisodes, la qualité graphique en plus. On regrette donc ce manque d’originalité et on sent que le studio est resté sur ses acquis pour certains éléments du jeu. J’ai également été frappé par le manque de cohérence de certaines actions comme par exemple Ajay qui se remet en place un poignet cassé après avoir été brûlé par un cocktail molotov… Je ne pense pas qu’il soit difficile pour un studio renommé comme celui-ci d’associer les animations de soins avec les types de dégâts causés.

Arrête de parler pour voir

Ajay Ghale

Grosse déception concernant également les actualités annoncées par Raby Ray Rhana pour sa « radio free Kyrat » lorsque vous conduisez un véhicule doté d’un poste radio. C’est simple, seulement 4 ou 5 textes ont été enregistrés si bien qu’il devient vite saoulant de prendre un véhicule et l’écouter répéter sans cesse ses palabres. D’autant plus qu’il peut arriver qu’il répète deux fois le même texte lors d’un long trajet.

Hormis ce détail près, les dialogues sont assez riches et prenant même si l’on sent au fur et à mesure que la trame scénaristique est trop classique et prévisible. Le scénario du jeu est l’un des gros points faibles selon moi et mise à part la présence de Pagan Min au début du jeu (5 minutes), au milieu (3 minutes) et à la fin (5 minutes), il faudra se contenter d’entendre sa voix au téléphone. Pour une licence qui avait montré son personnage à plusieurs reprises, je trouve sa présence un peu légère. Le doublage Français est de bonne facture et on peut si on le souhaite changer les voix et les sous-titres dans les options.

De manière plus générale je trouve que les quêtes principales manquent cruellement de mordant, et ressemblent pour certaines à des quêtes de Far Cry 3, le fun en moins, certainement du à une musique moins percutante. Seules les quêtes proposées par Willis (un personnage que vous connaissez également depuis Far Cry 3) nous mettent au cœur de l’action et ont à mon sens de vrais atouts scénaristiques. On espère toutefois que les DLC proposés et annoncés par le Season Pass (29.99€ tout de même) apporteront un peu de fraîcheur.

Des quêtes en veux-tu en voilà

Arrachez ou détruisez les affiches de propagandes

En dehors de la campagne solo principale, un tas d’activités vous seront proposées, même si la plupart ne sont pas sans rappeler les précédents épisodes. La prise d’avant-poste (24 au total) vous permettra de faire apparaître un tas de missions proposées par les civils ou par les membres du sentier d’or : libération d’otages, mission d’assassinat ou de vengeance. Et ce ne sont pas les seules activités proposées dans l’immense région de Kyrat, région qu’il faudra dévoilée en détruisant la transmission des messages radios sur les clochers. Quelques nouveautés apparaissent comme par exemple les convois de l’armée royale qui faudra détruire ou les camions de transport qu’il faudra détourner et ramener aux avant-postes déjà libérés.

Ces missions vous permettront de gagner de l’expérience et chaque niveau atteint vous donne un point de compétence que vous pourrez dépenser dans l’un des deux arbres : tigre ou éléphant. L’arbre du tigre propose des compétences offensives tandis que l’arbre de l’éléphant propose des compétences de soutien. En plus de ces points de compétences, vous pourrez gagner des points de Karma pendant certaines missions ou lorsque vous portez secours à des membres du sentier d’or lors d’événements générés aléatoirement et signalés en cours de jeu. Mais vous pouvez perdre des points si vous tuez par exemple des civils innocents. Hormis pour un trophée et pour le déblocage d’une arme spéciale, monter son niveau de Karma ne sert foncièrement à rien du tout !

Grosse nouveauté de Far Cry 3, le crafting jouera un rôle essentiel encore une fois dans cette épisode. Le principe est toujours le même : récupérer des peaux d’animaux pour confectionner et améliorer son holster, son sac de munitions, son carquois etc. L’amélioration finale pour chaque équipement ne pourra être obtenue que lors de quêtes appelées ici Fashion Week du Kyrat et proposées par Mr Chiffon, ancien couturier de Pagan Min. Je trouve ces quêtes assez originales dans la mesure où vous devez tuer un animal précis avec une arme précise.

Les masques de Yalung sont en général bien cachés.

Pour parcourir rapidement la province de Kyrat, vous aurez le choix entre l’utilisation d’un véhicule ou le déplacement rapide, uniquement disponible lorsqu’un avant-poste est libéré. Une vingtaine de véhicules sont proposées, tous plus ou moins différents : quad, jeep, voiture banale, bateau, et le plus fun, le buzzer (ou gyrocoptère). Le buzzer offre une liberté de parcours sans précédent, on peut vraiment monter très haut dans le ciel et survoler les paysages est vraiment agréable surtout si vous couplez son utilisation avec celle du Wingsuit. Pour les endroits plus reculés de la carte, l’utilisation du grappin, nouveauté de cette épisode, sera primordiale.

Dans les autres nouveautés, on compte également la propriété des Ghale, une demeure que vous pourrez customiser avec des roupies. Ces améliorations vous permettront d’obtenir de l’argent, des gilets pare-balles, des plantes et bien d’autres choses. Toutefois avant de pouvoir reprendre votre bien familial, vous devrez chasser les occupants, Yogi et Reggie, qui ne sont pas sans rappeler le Dr. Alec Earnhardt dans le précédent opus. On sent encore on constate un manque d’originalité de ce quatrième épisode (Blood Dragon étant pour moi un épisode complètement à part).

La plupart des trophées sont liés à ces quêtes mais aussi sur la manière de tuer des ennemis (au mortier, en les écrasant, etc.). Ils ne sont pas très difficiles et si vous avez joué à Far Cry 3, vous ne serez pas dépaysé. D’autant plus que beaucoup d’entre eux peuvent se faire en mode coopération.

Tu veux bien jouer avec moi ?

Bien que la majeure partie de l’aventure se fasse côté solo, certains éléments notamment les quêtes annexes peuvent être réalisé avec un ami en coopération. En effet vous pouvez inviter un ami possédant le jeu ou pas (avec le système des Clés de Kyrat exclusifs à la PlayStation). Dans ce cas là il incarnera Hurk, un personnage déjà présent dans Far Cry 3. Une fois votre ami avec vous, vous pourrez libérer des avant-postes, réaliser certaines quêtes annexes (Fashion Week du Kyrat, Désamorçage, Libération d’otages, etc.). Si jamais l’un de vous meurt, il pourra être ranimé par son coéquipier ou abandonner, suite à quoi il devra attendre 20 secondes pour réapparaître.

Maître du Kyrat !

Ce mécanisme d’aide est également présent dans le mode multijoueur. Il n’a franchement rien d’original et propose trois modes assez classiques. Le premier, « Avant-poste », fonctionne comme dans la campagne solo à savoir que vous (l’équipe du sentier d’or) devrez prendre le contrôle de la base ennemie détenue par les Rakshasas. Le second, « Masque démoniaque », vous demandera de récupérer le masque de l’adversaire et de le ramener dans votre camp. Enfin dans le dernier, « Propagande », l’équipe du sentier d’or devra poser des bombes tandis que l’équipe des Rakshasas devra les désamorcer. Ces trois modes fonctionnement de manière alternatif, comprenez par là que vous incarnez à tour de rôle les deux équipes à travers deux manches.

En plus de ce mode coopératif et multijoueur, Ubisoft a également ajouté une touche compétitive à la campagne solo. Ainsi une fois un avant-poste libéré, vous pouvez tenter de le reprendre une nouvelle fois avec les quêtes nommées « Maître de l’avant-poste ». Selon les actions que vous effectuez pour libérer ce poste (exécutions, tirs en pleine tête, discrétion ou non, etc.) vous gagnez des points. A la fin, vous pouvez comparer vos scores avec deux des autres joueurs.

Enfin le mode « Arène » vous permet de jouer dans des arènes prédéfinies par le jeu, ou créées par des joueurs avec l’application « Maître de l’arène » (disponible sur Android et iOS). Le principe est simple : vous commencez avec une seule arme, qui dépend de votre niveau d’arène pouvant être augmenté en combattant, et vous devrez survivre à des vagues successives d’ennemis, d’animaux ou les deux. Un mode « Combat infini », vous permet même de jouer indéfiniment jusqu’à ce que vous perdiez. A l’issue de chaque combat un classement vous annonce votre position. Des classements globaux vous permettent de comparer vos scores par rapport aux autres joueurs du monde entier.

Le changement… c’est pas maintenant

Far Cry 4 propose donc une multitude d’éléments variés et de nouveautés qui pourront plaire aux fans de la licence. Toutefois on ne peut pas s’empêcher de penser que beaucoup de choses sont réchauffées si bien que certains joueurs trouveront une certaine répétitivité dans le titre. Malgré tout, Far Cry 4 est le genre de jeu qui possède une aura propre et qui fait qu’on s’attache vite et qu’on a vraiment du mal à lâcher la manette une fois en main. On espère toutefois que le prochain épisode se voudra plus novateur et pourquoi pas en marge de ses aînés (comme l’a été Blood Dragon en son temps).

Ce que j’ai aimé :

  • Des décors magnifiques
  • Pagan Min complètement déjanté et excentrique
  • Une introduction qui en jette
  • Pouvoir améliorer sa maison

Ce que je n’ai pas aimé :

  • Far Cry 3 BIS
  • Une recette qui a fait son temps
  • Multijoueur toujours inintéressant

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