La série King’s Quest revient sur consoles next-gen grâce à Sierra et The Odd Gentlemen. Le premier épisode est-il à la hauteur ?

Merci à l’éditeur pour l’envoi d’un code m’ayant permis de tester ce jeu.

Laissez-moi vous conter une histoire

1er épisode : la Voix du Chevalier

La société Sierra, racheté par Activision, s’est associé à The Odd Gentlemen pour remasteriser la série des King’s Quest. Cette licence a brillé de 1984 (premier épisode intitulé Quest for The Crown) jusqu’en 1998 (Le masque d’éternité) avec pas moins de 8 épisodes. C’est près de 15 ans plus tard que les aventures du roi Graham revienne mais cette fois-ci en format épisodique.

La voix du chevalier est le premier volet (ou chapitre) sur les cinq prévus. Un épilogue sera également proposé une fois que les cinq chapitres seront disponibles. Le roi Graham, devenu grand père narre à sa petite fille, Gwendolyn, ses différentes aventures. Et c’est donc à nous, joueur de faire en sorte que l’aventure se déroule comme il l’entend.

Le premier épisode nous emmène dans la contrée de Daventry où le roi explique à sa petite-fille son désir de devenir chevalier. Le roi Graham parviendra-t’il à exhausser son vœu ? Vous le découvrirez en jouant à la Voix du Chevalier.

Un point & click revu et corrigé (poil au nez)

Interactions possibles

Initialement la série des King’s Quest était constitué de jeux en point & click. A la manière du dernier épisode des Chevaliers de Baphomet sorti il y a peu de temps, la licence des King’s Quest a évolué dès son arrivée sur consoles nouvelles générations.

Ici plus question de déplacer un curseur à l’écran pour trouver avec quels objets ou personnages Graham peut interagir. Mais de quoi de plus normal quand on passe d’un jeu PC à un jeu consoles. Vous devez déplacer le personnage à l’aide du joystick droit de votre manette. A l’approche d’un objet avec lequel il est possible d’effectuer des actions, la touche apparaît en bas à droite avec en plus un icône. Si l’icône est une main, vous pourrez alors ramasser l’objet ou effectuer une action. Si l’icône est un œil cela signifie tout simplement que vous pouvez regarder l’objet en question.

L'inventaire

Vous pouvez systématiquement regarder dans votre inventaire les objets que vous avez en votre possession avec la touche . Cela permet par exemple parfois d’utiliser l’un d’entre eux sur une interaction du décor ou sur un personnage. En revanche il n’est pas possible de combiner plusieurs objets de son inventaire pour en obtenir d’autres, c’est dommage…

Ces mécanises simples vous aideront à résoudre des énigmes qui ne sont pas si faciles que ça. Il faudra parfois essayer, à tâtons, différentes possibilités quitte à faire des allers-retours incessants et répétitifs entre chaque zone. C’est pour moi l’un des gros défauts du jeu, celui qui casse vraiment le rythme de la progression, et même si certaines scènes sont écourtées une fois le passage réussi (comme traverser une grotte infestée de loups), on perd vite notre temps et cela nous agace.

Qui plus est si vous mourrez bêtement il faudra parfois revoir les cut-scènes qui ne peuvent pas être passées. C’est un point qui casse davantage le rythme de l’aventure.

Quelques QTE sont également présents

Avec ces quelques éléments on retrouve la base des point & click classiques (remaniée pour les consoles). La grosse nouveauté réside dans deux choses. La première est la présence de QTE, c’est tout bête mais je dois avouer que parfois les situations s’y prêtaient bien. Seules les touches , , et étant utilisées (soit un appui unique soit plusieurs appuis successifs), ces QTE ne sont pas du tout difficiles.

La seconde nouveauté est l’utilisation d’une arme avec une vue à la première personne. Graham, une fois l’arc récupéré pourra ainsi tirer sur certains objets ou ennemis.

L’équilibre entre les trois (point & click classique, QTE, et utilisation de l’arme) est selon moi parfaitement dosé. En revanche ce parti pris pourra rebuter les puristes du point & click et de la licence King’s Quest car il faut bien l’avouer, on se trouve loin des épisodes originaux.

Quelle direction artistique votre altesse ! (poil aux fesses)

Des graphismes bien travaillés !

Les graphismes sont très colorés et très réussis. Dès le début du jeu, on voit le soin qui a été pris lors de la réalisation des décors, des objets à interaction et des personnages. Pour information les dessins ont été fait main. L’ambiance héroïque et chevaleresque est parfaitement retranscrite au sein des décors mais surtout à travers les personnages tous plus loufoques les uns que les autres.

On pourra penser que lorsqu’un jeu possède des graphismes soignés, les temps de chargement sont plus longs mais dans King’s Quest il n’en est rien. Le passage entre chaque zone se fait de manière instantanée et si jamais cela va prendre du temps, un fond noir avec une icône de chargement apparaît mais ne dure jamais plus de trois secondes.

Le jeu est bien optimisé et je constate que comme pour Shifltings (autre jeu de Sierra sorti il y a peu) aucun patch n’est proposé lors de sa sortie. C’est assez rare encore une fois pour le souligner.

Un humour à gogo (poil au dos)

Humour omniprésente lors de la narration

Le gameplay et la direction artistique ne sont pas les deux seuls éléments qui vous feront craquer pour King’s Quest. En effet les dialogues sont parfois à mourir de rire, à condition bien entendu que l’on aime cet humour. D’ailleurs le titre de mes paragraphes vous donne le ton (poil au menton). Il n’est d’ailleurs pas rare que Gwendolyn dise à son grand père que son humour est nul. Parfois même elle le coupe avant qu’il n’ait le temps de faire la blague.

C’est vraiment amusant et ces drôleries ne seraient rien sans l’excellent travail des acteurs de doublage (Josh Keaton et Maggie Elisabeth Jones dans la version originale). La traduction française n’est pas une simple traduction mot à mot, le studio a en effet pris le temps de faire des blagues qui collent à la situation. Même si j’imagine qu’une traduction est toujours moins bonne que la version originale.

Je pense toutefois qu’il s’agit d’un travail colossal. Le fait d’ailleurs que le jeu ne soit proposé qu’en anglais, français et allemand n’est pas le fruit du hasard et montre la volonté du studio à proposer un jeu privilégiant la qualité à la quantité.

Des récompenses à la hauteur (poil dans le beurre… non c’est nul…)

Des trophées assez difficiles

Les trophées auraient pu être simples mais il n’est en rien. Il faudra explorer toutes les options, toutes les pistes et faire attention aux choix effectués et dans l’ordre dans lequel ils sont effectués pour espérer décrocher le 100%.

L’histoire principale se termine entre 6 et 8 heures ce qui pour le prix (14.99€) reste très correct. A noter que si vous avez acheté le Season Pass (39.99€) vous aurez accès aux cinq chapitres mais également à l’épilogue. En revanche ceux qui achètent l’épisode puis le Season Pass n’auront pas accès à l’épilogue.

Si vous avez loupé des trophées pendant votre première partie et que vous souhaitez les obtenir tous, comptez environ 2 à 3 heures (selon les trophées que vous n’avez pas obtenu) de plus.

Un épisode convaincant ? (poil aux dents)

Conclusion

The Odd Gentlemen et Sierra ont su parfaitement remettre au gout du jour la série des King’s Quest avec un certain parti pris. Le gameplay composé d’interactions, de QTE, de tir à la première personne pourra rebuter néanmoins les puristes de cette licence. Mais difficile de faire autrement quand on porte un point & click sur un jeu console. Par exemple, Telltale (The Walking Dead, The Wolf Among Us et Game of Thrones) avait fait le choix de proposer un système de questions/réponses pour faire progresser le scénario. Il est certain donc que King’s Quest ne pourra pas plaire à tout le monde.

Mention spéciale pour les décors réalisés à la main et la présence d’un doublage de qualité qui nous plongent immédiatement dans les aventures dantesques et drôles du roi Graham.

Seul petit bémol à tout ça, le format épisodique, car comme son nom l’indique, il faudra attendre pour les prochains épisodes (qui à ce jour n’ont aucune date de sortie annoncée).

Ce que j’ai aimé :

  • Une aventure magnifique
  • Un gameplay au-delà du point & click classique
  • Pas de patch à la sortie
  • Direction artistique superbe
  • Doublage de qualité
  • Situations drôles
  • Trophées intéressants

Ce que je n’ai pas aimé :

  • Format épisodique avec lequel j’ai du mal et qui laisse sur sa fin
  • Quelques ralentissements mineurs lors du passage d’une zone à l’autre
  • Trophées difficiles à obtenir sans guide et uniquement en se basant sur l’intitulé et la description
  • Allers-retours incessants
  • Cut-scènes qui ne peuvent pas être écourtées

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