Un an après la sortie sur PS Vita, Les Chevaliers de Baphomet 5, la malédiction du serpent revient sur PS4.

Le serpent qui se mord la queue

Le serpent est rusé

Les Chevaliers de Baphomet ou Broken Sword dans sa langue originale a vu le jour sur PC en 1996 et a été créé par Charles Cecil. À la tête de Revolution Softwares depuis 1990, il ne savait pas alors que cette série allait combler des milliers de joueurs.

Avec un premier épisode sublime qui raconte comment le mythique Georges a conquis Nicole, le tout en étant embarqué dans une affaire de meurtre qui le mènera au delà de ce qu’il pouvait imaginer, Revolution Softwares montre son savoir faire dans le domaine du point & click. Ce fut l’occasion également d’introduire ces deux personnages au charisme fort. George d’un côté, Américain de souche, et Nicole de l’autre, pure Française. Mais nos deux héros croiseront la route d’autres personnages aussi atypiques les uns que les autres.

Un an plus tard, les Boucliers de Quetzalcóatl débarque (toujours sur PC) et reprend les mécaniques du premier opus. Autant dire que celui-ci a connu le succès qu’il méritait.

Finalement il faudra attendre 6 ans pour que le troisième épisode voit le jour sur Windows… Et PlayStation 2. C’est alors un tournant pour la série car le système du jeu a totalement été revu. Dans le Manuscrit de Voynich, le passage a la 3D « oblige » les développeurs à revoir le gameplay : il faut désormais déplacer Georges avec la manette ou les flèches directionnelles de son clavier. L’utilisation excessive de caisses a déplacer pour résoudre les énigmes était l’un des défauts majeurs de ce troisième épisode qui sera vite oublié…

En 2006, le studio aidé par Sumo Digital (LittleBigPlanet 3) propose un nouvel opus intitulé les gardiens du temple de Salomon et en profite pour revenir aux sources. Malgré les bonnes critiques du jeu (note moyenne de 70%), il faudra attendre 7 ans pour que le cinquième épisode sorte du studio, dans la veine du précédent corrigeant au passage les défauts tant critiqués.

On notera au passage le portage du premier épisode dans une version Director’s Cut sorti en 2009 sur Nintendo DS. Cette console est parfaite pour les point & click et j’ai pris beaucoup de plaisir personnellement à refaire cette aventure.

Voilà le tableau

Un tableau volé !

Comme bien souvent, Georges se retrouve au mauvais endroit, au mauvais moment. Alors qu’il visitait la ville de Paris, un mystérieux tableau a été volé, « La Malédicio ». Dans son éternelle manie de fouiner partout, l’américain commence alors à poser des questions pour en savoir plus. Mais c’est avant tout parce que la compagnie pour laquelle il travaille avait assuré ce tableau. Sans le vouloir, il embarquera également Nico dans cette folle aventure.

Si cette histoire est assez bien conçue, notamment par ses nombreuses références culturelles (Gnostiques, Jéhovah, Lucifer, Cathares, etc.), elle sert aussi de prétexte et de toile de fond à l’ajout d’icônes emblématiques de la série des Baphomet : Pearl et Dwayne, Hector Laine, Lady Piermont mais aussi la chèvre que l’on retrouve de nombreuses fois physiquement mais aussi par le biais d’easter egg (comme le menu de la terrasse à café qui propose un fromage de chèvre et la chèvre qui est dessiné juste en dessous).

Révolution Softwares assume ce fan service mais pour les amoureux de la franchise cela peut vite ressentir un phénomène de déjà-vu. Il faut savoir que les personnages de cette série sont tous basés sur des clichés que l’on peut imaginer sur telle ou telle nationalité.

En route Nico !

Nicole Collard et George Stobbart

Si le gameplay sur PS Vita ou sur PC était vraiment bien adapté à ces deux supports, on a un peu plus de mal à comprendre ce portage sur PlayStation 4. En effet pour pouvoir interagir avec les éléments environnants, vous devez déplacer un curseur avec le joystick droit. On serait tenté de dire pourquoi pas puisque dans le fond ce n’est pas si gênant que ça. Ce qui est vraiment dérangeant par contre c’est le fait de devoir placer ce curseur précisément à l’endroit où les programmeurs l’ont décidé à savoir une toute petite zone.

L’exemple le plus flagrant est lors de la résolution de puzzles notamment ceux où il faut reconstituer une phrase. Des morceaux de papiers étant découpés, il faut alors les reconstituer pour obtenir une lettre. Il faut précisément placer le curseur au centre du morceau de papier sinon vous ne pouvez pas le prendre. Pis encore dans d’autres puzzles, la zone d’interaction est si petite qu’il nous arrive de toucher la mauvaise par mégarde.

C’est vraiment l’un des points noirs de ce portage même si le problème était déjà présent dans les versions Vita et PC. Néanmoins à l’époque (j’ai terminé le jeu sur PS Vita également) cela m’a beaucoup moins dérangé.

A part ce gros défaut, le gameplay est plutôt bien pensé. La touche permet d’examiner un objet ou quelque chose présent dans notre inventaire (que l’on ouvre avec la touche , la touche permet d’interagir. On peut même combiner plusieurs objets ensemble, ce qui n’est pas présent dans un jeu comme King’s Quest.

Un pointage précis !

Le joystick droit permet de déplacer la caméra chose qui n’est pas possible dans les versions PS Vita et PC. Personnellement je l’ai découvert sans faire exprès (j’aime bien appuyer sur tous les boutons quand je commence un jeu^^) et je dois avouer que je ne m’en suis jamais servi.

Un autre défaut que l’on pourrait reprocher à ce jeu et que les personnages doivent être situés au parfait endroit avant de pouvoir effectuer quelconque opération que ce soit. Cela reste assez logique lorsqu’il s’agit d’interagir avec un objet, mais cela l’est moins quand George par exemple doit se déplacer pour discuter avec un personnage alors qu’il était 1 mètre à droite ou à gauche. L’exemple qui m’a le plus marqué est lorsque j’avais combiner deux objets entre eux. J’ai ouvert l’inventaire, je combine les objets, George se déplace et combine les deux. J’ouvre de nouveau l’inventaire, je choisis deux autres objets et là George se re-déplace ailleurs pour les associer. C’est vraiment très frustrant et on ne peut s’empêcher de penser que le jeu est très (trop) scripté.

Ces défauts gâchent un peu l’expérience du jeu mais s’il possède des qualités indéniables.

Tout fait a la main

Des décors somptueux

L’un des gros points fort de ce cinquième épisode est la réalisation graphique du titre. En effet les décors sont détaillées, très colorés et même si l’on ne visite au final que très peu de villes ou pays (Paris et Londres dans la première partie et La Catalogne et l’Irak dans la seconde) les décors sont assez variés pour que ce ne soit pas monotone.

Et quand on sait que les graphismes ont tous été réalisés à la main, « à l’ancienne » j’ai envie de dire, on ne peut que saluer le travail soigné et réussi du studio.

Quelques cinématiques sont présentes et apparemment d’autres ont été ajoutés depuis la version PS Vita. Personnellement je n’ai pas fait attention. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle sont très réussies également.

Autre nouveauté, lorsque vous rencontrez un personnage pour la première fois, cela débloque une fiche de personnage que l’on peut retrouver dans les options depuis le menu principal. A noter que ces fiches ne spoilent pas du tout sur le contenu scénaristique, vous pouvez donc les lire en toute tranquillité avant d’avoir terminer le jeu.

Je m’appelle George, George Stobbart

Un doublage de qualité !

Le doublage de la Malédiction du Serpent est vraiment de qualité et les dialogues amusants, dans la veine des précédents épisodes. L’humour de George est omniprésente tandis que Nico fait office de personnage sérieux. On appréciera beaucoup le fait que ce sont les mêmes acteurs qui doublent les personnages cultes de la série notamment Emmanuel Curtil (George) et Nathanièle Esther (Nicole).

Les dialogues sont bien étoffés et les blagues différentes des précédents épisodes. Revolution Softwares n’est pas tombé dans la facilité et nous propose des textes créatifs quitte à tomber dans les clichés. Mais étant donné la nature cynique de George, on peut dire que les dialogues sont tout à fait appropriés.

Les nouveaux personnages dispose également d’un excellent jeu de doublage. On notera celui de l’inspecteur Navet (qui porte bien son nom) qui colle vraiment bien à la peau du personnage, très égocentrique. C’est d’ailleurs le même acteur qui double Manny dans King’s Quest.

Une aventure enrichissante

Le premier trophée obtenu

Même si la première partie du jeu est un peu molle, le titre retrouve vite de la vigueur lors de la seconde (dont le début commence en Espagne). Néanmoins on ne peut s’empêcher de constater une grosse différence entre les deux. C’est certainement du au fait que les deux épisodes étaient sortis séparément à l’époque sur PS Vita et PC.

Si vous prenez bien le temps de faire le jeu (lecture des dialogues, discussion avec les personnages) alors vous en aurez pour votre argent. Au prix de 34.99€ en version boite, comptez une quinzaine d’heures (sans solution bien évidemment) pour en venir à bout. Si en plus vous avez loupé des trophées (cinq peuvent être manqués), comptez encore 2 à 4 heures (selon le trophée) sauf si bien sûr vous avez fait des sauvegardes régulières sur d’autres emplacements (le jeu dispose d’une sauvegarde automatique).

A noter que la version PS4 dispose d’un trophée platine, intéressant donc pour les chasseurs de trophées qui souhaitent refaire l’aventure.

La Malédiction du Serpent, une révolution ?

Une belle aventure

Révolution Softwares signe haut et fort le retour de la saga culte des Chevaliers de Baphomet. Ayant pris le soin de dessiner les décors a la main, le studio a tout fait pour que le jeu soit bien accueilli par les fans de 1996 quitte à ajouter une multitude de clins d’œil aux précédents épisodes. Et c’est peut-être là l’un des gros défauts de cet épisode. A vouloir piocher dans leurs précédents succès, Revolution Softwares en a oublié d’être original.

C’est un choix a double tranchant. D’un côté il pourra plaire à ceux qui ne connaissent pas la série ou les fans de la première heure ravi de retrouver une saga aux mécaniques inchangées et qui fonctionnent bien, de l’autre il pourra lasser ceux qui ont attendu si longtemps pour finalement n’avoir qu’un épisode intéressant mais si prévisible .

Cela n’en fait pas un mauvais jeu pour autant mais j’ai vraiment eu l’impression pour ma part que tout a été misé sur le fan service. On notera également une utilisation du curseur trop précise et qui pourra par moment nous frustrer.

Par ailleurs je reste persuadé que ce portage n’était pas nécessaire. En effet je trouve que la PS Vita est parfaite pour ce genre de jeu de par son côté tactile.

Ce que j’ai aimé :

  • Des décors faits mains
  • Les blagues de George
  • Une nouvelle aventure
  • Doublage de qualité
  • Un trophée platine !

Ce que je n’ai pas aimé :

  • Un fan service trop présent
  • Trop prévisible
  • Une première partie trop molle
  • Trop de chèvre
  • Un portage dispensable, la console Vita étant plus appropriée
  • Devoir se trouver au bon endroit pour les discussions

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