Plus de 2 ans après le premier opus, le caméléon et la chauve-souris signent leur grand retour avec Yooka-Laylee and the Impossible Lair.

Petite piqûre de rappel

Le studio Playtonic Games à l’origine du premier Yooka-Laylee ainsi que de cette suite a été fondé par 6 anciens membres du studio Rare. Rare avait développé notamment les jeux Donkey Kong Returns et Banjo-Kazooie.

Si leur premier jeu, sobrement intitulé Yooka-Laylee était un superbe hommage à Banjo-Kazooie, The Impossible Lair quant à lui rend la part belle à Donkey Kong.

Même si je ne vais pas lister tous les codes que reprend The Impossible Lair, sachez qu’une multitude de références peuvent y être trouvées.

Yooka-Laylee and the Impossible Lair contrairement à son aîné, est un jeu de plateformes en 2.5D. Intégralement développé avec le framework Unity, faut-il s’attarder sur ce jeu « Donkey Kong Like » ?

Le début de la fin

Dès les premières minutes de jeux, Yooka-Laylee and the Impossible Lair surprend. En effet vous êtes directement intégré dans le vif du sujet. Capital B fait son retour et a décidé, à l’aide de son dompteur d’essaims, de capturer des abeilles dans le but de lever une armée.

Queen Phoebe vous demande alors de l’aider à arrêter les plans de votre ennemi juré, dès lors niché dans son repaire (impossible). Là où le jeu surprend c’est qu’une fois cette mise en bouche terminée, vous pouvez directement retourner au repaire de Capital B et en finir avec lui.

Vous avez donc la possibilité de terminer le jeu immédiatement. Mais, car bien entendu il y a un mais, cela ne sera pas chose aisée.

En effet, si vous jouez comme le jeu le prévoit, vous devez au secourir les 48 abeilles emprisonnées par Capital B. Une fois secouru, vous pourrez commencer le repaire de Capital B avec un bouclier de 48 insectes.

Chaque fois que vous subissez un coup, vous perdez une abeille. C’est la raison pour laquelle, si dans la théorie vous pouvez terminer le jeu dès le début, sans aucune abeille, dans la pratique, n’ayant pas de bouclier, cela restera plus difficile.

Mais pas infaisable puisque certains speedrunners ont déjà réussi le challenge.

Un hub bien pensé

Une fois l’introduction terminée (qui fait aussi office de mini tuto), vous êtes transporté dans un hub. C’est à partir de celui-ci que vous pourrez accéder aux 20 chapitres du jeu.

Ce hub fonctionne comme un gigantesque puzzle. Au début toutes les sorties semblent bloquées et très peu de niveaux sont accessibles. Il faudra d’une part terminer les défis des Pagies (qui font leur retour).

En accédant à leurs requêtes, le monde sera transformé : suppression de murs, découvertes de passage, etc.

D’autre part, vous devrez également donner à Towzer, le serpent avare, des pièces sonnantes et trébuchantes pour qu’il abaisse les barrières de ses cinq péages. A noter que les pièces, appelées T.W.I.T. coins se trouvent dans les différents chapitres.

C’est aussi dans ce hub, passage obligatoire pour accéder aux autres chapitres du jeu, que vous pourrez également dénicher ce qu’on appelle les tonifiants. Ces objets permettent des modifications de gameplay. Mais pour les dénicher il faudra résoudre des énigmes, parfois pas si simples. Mais j’y reviendrai plus tard.

20 chapitres pour en finir

Depuis le hub, vous aurez accès à pas moins de 20 chapitres. Toutefois ils ne sont pas tous disponibles immédiatement. Comme indiqué précédemment vous devrez d’abord résoudre les différents challenges des pagies mais aussi rendre service aux différents PNJ. Certains d’ailleurs font leur grand retour… mais je vous laisse le plaisir de la découverte.

Un chapitre se termine systématiquement par le sauvetage d’une abeille.

Initialement, vous n’avez accès qu’à la version normale d’un chapitre. Mais par le biais, là encore d’énigmes qu’il faudra résoudre, via le hub, vous pourrez débloquer une version alternative du niveau.

Si on prend le cas du niveau 2, vous pouvez fermer le barrage à proximité, pour empêcher l’eau de couler. Une version du niveau sera composée d’eau et une autre non. J’ai assez bien aimé le concept d’autant qu’on a pas vraiment l’impression de rejouer au même niveau. On arrive à la fois à distinguer que c’est le même chapitre sans pour autant trouver de redondances.

Playtonic Games ne se contente pas non plus de proposer la même version alternative de chaque chapitre (inondé, pas inondé). Le studio a vraiment réfléchi au concept et ça se voit.

On pourra donc facilement dire qu’il y a pas moins de 40 niveaux différents. Et donc 40 abeilles à sauver. Je vous ai parlé de 48 insectes dans les paragraphes précédents. Les 8 restantes sont à trouver dans le Hub (encore des choses à faire :)).

Parfois il suffira de trouver la sortie secrète d’un niveau pour retourner dans le hub à proximité de l’abeille à sauver. Et parfois il faudra résoudre une énigme.

La difficulté des niveaux va croissante si bien que les derniers pourront en frustrer plus d’un. Toutefois ce n’est rien comparé au repaire.

Soyez tonique !

Le hub regorge de 61 tonifiants. Ces petites fioles peuvent être équipées via le menu principal et permettent des modifications de gameplay, des changements graphiques et bien d’autres. Par exemple l’un d’entre eux permet de tournoyer plus longtemps en l’air. Un autre change les couleurs pour du noir et blanc.

Certains entraînent même des malus. Par exemple les ennemis sont plus forts, ou alors les commandes sont altérées. Alors pourquoi utiliser ceux octroyant des malus ? Et bien c’est tout simple. Chaque tonifiant diminue ou augmente le multiplicateur de plumes. Initialement à 1, une fois un chapitre terminé, vous obtenez le nombre de plumes ramassées. Si vous augmentez ou diminuez votre multiplicateur à l’aide de tonifiants, vous obtiendrez un nombre de plumes proportionnel.

Il est assez intéressant par exemple de rendre les ennemis un peu plus puissants (= un coup de plus pour les tuer) pour avoir plus de plumes à la fin de chaque niveau (+0.5 sur le multiplicateur).

D’autant que ces plumes servent à deux choses. D’une part vous pouvez obtenir de précieux indices sur l’emplacement des tonifiants auprès des pancartes de bois. Toutefois, la traduction en français approximative (difficile de traduire des jeux de mots) ne vous aider pas forcément à dénicher la petite bouteille..

D’autre part, ces plumes servent de monnaie pour acheter les tonifiants, à condition de les avoir trouvés.

A noter que le 62ème tonifiant se gagne en terminant le repaire impossible avec 0 abeilles en poche.

Une ruche bien remplie

Yooka-Laylee and the Impossible Lair est un jeu riche. Terminer les 20 chapitres du jeu et leurs versions alternatives vous prendra déjà une bonne quinzaine d’heures. D’autant plus qu’il faut résoudre les énigmes et satisfaire les requêtes des PNJ pour débloquer les versions secondaires.

Chaque niveau et leur version alternative contiennent 5 T.W.I.T. Coins. Ces petites pièces seront un passage obligatoire si vous souhaitez progresser dans l’aventure puisqu’elles servent à ouvrir les péages posés ici et là par Towzer. Il y a en tout 200 pièces à trouver. Elles sont, par niveau, numérotées de 1 à 5, et se récupèrent dans l’ordre. Ce qui facilite nettement la recherche (=on sait que la pièce 3 se trouve entre la 2 et la 4 que l’on a déjà trouvé par exemple).

Certaines sont bien cachées mais certains tonifiants permettent de faciliter votre recherche… vous verrez :)

Acquérir les 200 pièces vous permet même (grâce à Towzer) d’obtenir un 4ème emplacement de tonifiants (3 initialement).

Yooka-Laylee regorge d’une multitude de choses à faire pour compléter le jeu à 100%. Cerise sur le gâteau, ce n’est pas du tout redondant.

Pas si impossible que ça ?

Une fois les 48 abeilles (ou pas), vous pouvez envisager de vous rendre dans le repaire impossible de Capital B. Composé de 4 combats et de 4 zones, la difficulté du repaire n’a rien à voir avec les différents chapitres. Même des 3 derniers qui m’ont un peu pris la tête par moment sont de la rigolade à côté.

C’est vraiment difficile, il y a beaucoup de pièges et les combats contre Capital B peuvent être assez costauds. Toutefois, il faut vraiment voir ce niveau comme du « Die and retry ». Il faudra s’armer de patience pour analyser les différents patterns des différentes zones pour ne pas perdre une abeille inutilement.

J’ai réussi à le terminer avec 2 abeilles restantes en poche, après 26 essais. Sachant que j’ai immédiatement recommencé 5/6 fois lorsque j’avais perdu une abeille durant le premier combat. Il est très facile de n’en perdre aucune, du coup c’est dommage d’attaquer la première zone avec moins de 48 abeilles.

Vous pouvez lire mon article dédié au trophée platine en cliquant ici.

Ce repaire reste un beau challenge même pour les platformers expérimentés. Pour les non habitués, il faudra vous armer de patience et faire avec la frustration que peut entraîner ce dernier niveau.

Tous les pièges et situations que vous rencontrez pendant les 20 chapitres sont dans le repaire, mais sont souvent mixés. Heureusement qu’il existe quelques zones sûres où vous pouvez respirer (souvent proches des écrans où Capital B vous parle).

Un miel de qualité ?

Yooka-Laylee and the Impossible Lair est pour moi l’une des excellentes surprises de ce dernier trimestre. Plutôt que de proposer une suite 3D au premier épisode, qui n’aurait sans doute pas apporter grand-chose de nouveau, le studio Playtonic Games nous livre ici un excellent jeu de plateformes avec une touche bien personnelle.

Original, avec sa possibilité de combattre le boss de fin immédiatement, intelligent, avec son hub-puzzle, The Impossible Lair propose une excellente durée de vie. Bourré de références et de blagues en tout genre, on passe vraiment un bon moment.

Le jeu propose, sur la fin notamment, pas mal de challenges et il faudra être en possession de tous ses moyens pour le terminer. Si vous n’êtes pas amateur de jeux de plateformes, clairement ce jeu n’est pas fait pour vous. Vous en ressortirez frustrer, rien d’autre. Pour les autres mais aussi les amoureux des jeux rétros comme Donkey Kong, vous allez passer un bon moment.

Après nous avoir offert une suite spirituelle à Banjo-Kazooie, Playtonic Games nous propose ici un bel hommage à Donkey Kong, en utilisant ses codes tout en ajoutant son propre panel d’idées. Le mélange fonctionne à merveille et cela ne promet que du bon pour l’avenir.

Les plus :

  • Difficulté croissante et bien pensée
  • Un hub original prenant la forme d’un gigantesque puzzle
  • Du challenge avec le repaire impossible
  • L’humour omniprésent dans les dialogues
  • Les niveaux alternatifs
  • Beaucoup de choses à faire
  • Bonne durée de vie

Les moins :

  • Bestiaire peu varié
  • Des tonifiants pas simples à trouver à cause d’une traduction moyenne
  • Manque d’inspiration et de variété dans les décors de fonds
  • Quelques bugs de collisions
  • Toujours ces « voix » agaçantes
17/20

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