Disponible depuis quelques semaines, je vous livre ici mes impressions sur le jeu de plateformes du moment, Yooka Laylee.

À l’ancienne…

Si vous aimez les jeux de plateformes à l’ancienne avec tout ce que cela implique (vous comprendrez en lisant ce test) alors Yooka Laylee est fait pour vous.

Le jeu est développé par six anciens membres de Rare Software, le studio à l’origine de Donkey Kong Returns et entre autres Banjo Kazooie. Regroupés sous le studio Playtonic Games, ces développeurs considèrent Yooka Laylee comme la suite spirituelle de Banjo Kazooie. Le titre est édité et épaulé par Team 17, célèbre pour sa franchise Worms.

Le jeu met en scène deux compères, Yooka un caméléon et Laylee une chauve souris. Alors qu’ils étaient tranquillement en train de profiter du soleil, Capital B et son sbire le docteur Quack, voulant dominer le monde, mirent en route leur aspirateur à livres pour voler toute la connaissance de la planète. Le livre spécial de Laylee la chauve souris, fut aspiré par la même occasion, semant derrière lui, ses pages, nommées ici « pagies ».

Les deux amis de toujours se mirent alors en quête de ces fameuses pages, bien décidés par la même occasion à contrecarrer les plans du machiavélique Capital B et de son bras droit Quack.

Le scénario se veut enfantin, dans la veine des jeux de plateformes à l’ancienne, mais ce n’est vraiment pas un problème ici car ce n’est pas sur ce point qu’il faut juger Yooka Laylee, considéré comme un jeu tout public.

Pas besoin d’en faire des tomes

Dès le début du jeu, vous rencontrez un serpent, Trowzer, mais non moins marchand à la sauvette, qui vous explique que l’apprentissage de nouvelles techniques est primordiale dans votre aventure. Bien que peu convaincu vous décidez de lui faire confiance.

Si l’acquisition de ces techniques semble importante comme je l’explique après, celle des pagies l’est tout autant. En effet c’est grâce à elles que vous pourrez débloquer l’accès aux cinq mondes de l’aventure. Chaque monde requiert plus ou moins de pagies pour y entrer. Ces mondes sont symbolisés sous formes de tomes et vous pourrez également les développer afin de débloquer plus de zones. Là encore des pagies supplémentaires sont nécessaires.

Les tomes sont tous accessibles depuis l’antre de Capital B là où vous débutez le jeu. Néanmoins les zones pour y accéder sont parfois inaccessibles faute de pouvoirs adaptés.

Une fois un tome déverrouillé, vous êtes libres de l’explorer comme bon vous semble. Mais n’espérez pas pour autant le terminer à 100% dès votre premier passage. Vous l’aurez compris, les techniques que vous apprend Trowzer, le serpent, seront bien nécessaires pour progresser. Si parfois il vous en offre gratuitement, il faudra la majeure partie du temps les acheter contre des plumes que vous trouverez ici et là.

On retrouve ici une des mécaniques des jeux de plateformes d’antan (Ratchet & Clank pour ne citer que lui). Si chaque tome renferme son lot de mini jeux et de quêtes proposés par des PNJ tous plus atypiques les uns que les autres, vous serez au début dans l’incapacité de les mener correctement à bien. Nombreuses sont les cagines (ou cages) dans lesquelles sont enfermées les pagies, que vous trouverez et laisserez en chemin.

Votre objectif dans chacun des tomes sera donc simple : satisfaire le plus de PNJ possible et résoudre les énigmes qui se dresseront devant vous pour récolter un maximun de pagies (145 dans tout le jeu).

Mes techniques ne sssssont pas sssssi chères

Au début, vos déplacements sont assez limités. En effet Yooka ne peut que courir et sauter. Quant à Laylee, elle est accrochée à lui. L’achat d’aptitudes est donc nécessaire.

La première technique que vous vend Trowzer vous permet de tournoyer avant d’asséner un coup de queue puissant à vos ennemis. Car oui, Capital B à décidé de vous mettre des bâtons dans les roues en vous envoyant quelques sbires. Ne vous inquiétez pas ils sont pour la plupart très faciles à vaincre. On regrette ici d’ailleurs une absence de variété des ennemis dont la texture change uniquement selon le monde visité.

D’autres techniques vous seront proposées au fur et à mesure de vos rencontres avec le marchand, certaines vous permettront de planer ou voler et d’autres par exemple d’aspirer l’élément de certaines baies (feu, eau, glace, etc.) avec votre langue. Certaines d’entre elles sont d’ailleurs assez logiques, c’est le cas du camouflage pour Yooka et de l’utilisation du sonar pour Laylee.

Deux jauges sont indiquées en haut à gauche de l’écran : une de santé et une de puissance. C’est en gobant des papillons en chemin que vous regagnez un point de santé. Si vous les ramassez en les touchant simplement vous rechargez votre jauge de puissance. Cette dernière s’épuise lorsque vous utilisez certaines compétences. Durant votre aventure vous trouverez d’ailleurs des boosteurs de puissance et de santé pour les augmenter.

L’exploration à tout prix

Comme dit précédemment, lorsque vous entrez dans un tome, il est impossible au premier coup de tout explorer et de ramasser l’intégralité des collectibles qui s’y trouvent. Soit parce que vous n’avez pas les compétences nécessaires soit parce que vous n’avez pas encore développé le tome.

Et il y a beaucoup de choses à faire dans chaque monde. Vous rencontrerez de nombreux PNJ qui contre quelques services vous remettront une précieuse pagie. Pour certaines quêtes vous devrez simplement réfléchir afin d’effectuer les bonnes actions. Pour d’autres il faudra être le plus rapide. C’est le cas des courses de wagons de Kartos ou autres courses dont le but est de traverser des checkpoints.

Vous rencontrez également un T-Rex nommé Rextro qui vous proposera d’essayer quelques jeux rétro à condition d’avoir trouvé un jeton au préalable. Le but sera de battre son score. Si pour les premiers jeux cela reste simple, ce n’est pas le cas des derniers. Il faudra s’y reprendre à plusieurs reprises avant de se placer en tête du classement. À noter que ces jeux d’arcade sont jouables depuis le menu principal à plusieurs ou tout seul, localement.

Les quêtes proposées sont globalement assez variées mais il faudra être curieux pour trouver l’ensemble des collectibles de chaque monde. Certains sont bien cachés comme les trésors de pirates et d’autres comme les spectrauteurs (sortes de fantômes) ne se laisseront pas approcher si facilement.

Si l’acquisition de compétences rend plus facile et plus rapide l’exploration des différentes zones, ce n’est pas pour autant que celle-ci est simple.

En effet la gestion de la caméra vous posera sûrement problème. Si vous pouvez changer d’angle de vue comme bon vous semble, il s’avère que certaines zones ont un point de vue fixe, notamment contre les boss. Et c’est parfois très énervant de passer « ces barrières invisibles » et de voir brusquement la vue changer. J’ai vraiment pesté par moment pour vouloir ramasser des plumes ou des boosteurs. Qu’on se le dise c’est l’un des gros défauts du titre et il m’a personnellement agacé plus d’une fois. Si vous êtes perfectionniste, sachez que le trophée platine peut se résumer à l’obtention de tous les collectibles du jeu. Vous voilà prévenu.

Concernant les combats de boss, ils sont totalement optionnels. Là encore, pendant ces combats on retrouve un élément de gameplay à l’ancienne : le pattern. En effet mémoriser correctement les mouvements des boss vous assurera à coup sur la victoire. À titre d’exemple j’ai battu le troisième boss au bout du troisième essai sans me faire toucher.

Un titre à la page ?

Il est évident que les graphismes de Yooka Laylee ne sont pas à tomber par terre. Néanmoins il faut saluer les efforts fournis par ce jeune studio (créé en février 2015) et il faut bien avouer qu’en règle générale, les décors sont assez soignés et variés. Ce qui est plaisant, c’est la sensation de liberté que l’on éprouve immédiatement. C’est simple, dès l’arrivée dans un nouveau monde, on peut se diriger où l’on veut.

On prend plaisir à explorer ces décors 3D à la recherche du collectible bien caché ou du passage à prendre pour atteindre tel endroit. Si l’un d’entre eux vous semble inaccessible, il faudra bien mémoriser son emplacement pour y revenir plus tard avec la compétence adéquate.

J’ai particulièrement apprécié le troisième tome. Les décors sont vraiment sympas et la musique façon Halloween est vraiment prenante.

En revanche, on ne peut pas en dire autant « du doublage » des personnages qui est insupportable. En effet en guise de voix, les ennemis, PNJ ou personnages principaux, produisent des « a », « é », « u », « o » et que sais-je d’autres, à chaque syllabe. Heureusement certains dialogues peuvent être écourtés mais à titre d’exemple, ces voix m’ont saoulé dès la présentation de Capital B et du docteur Quack, autrement dit lors de la première scène du jeu.

La traduction correcte (nombreux jeux de mots et références geeks et à d’autres licences) aurait été largement suffisante. Pire, Playtonic Games a poussé le vice en mettant ces sons lors de la navigation dans le menu du jeu… horrible.

Les différents protagonistes du jeu sont correctement travaillés surtout Yooka et Laylee. Capital B m’a immédiatement fait penser à Gru de Moi, moche et méchant. En revanche tous les PNJ n’ont pas eu le droit à cette attention. Même si des clins d’oeil sont à noter, comme l’apparition de Shovel Knight, il faut bien avouer que certains PNJ manquent cruellement de charisme.

Du bon pour l’avenir ?

Si les voix horribles et la caméra capricieuse m’ont plus que saoulé dans Yooka Laylee, je dois avouer que j’ai quand même passé du bon temps. L’exploration et la variété des quêtes mais aussi le fait de vouloir tout récolter ont gommé ces (grosses) imperfections au fil de l’aventure.

Son gameplay parfois exigeant pourra en agacer plus d’un, surtout les plus jeunes et surtout à l’heure où la plupart des jeux propose une aide à chaque instant.

Malgré tout, Yooka Laylee mérite qu’on s’y intéresse de plus près et vu son faible prix (~30€) et sa durée de vie (comptez plus de 30 heures pour tout faire), il serait dommage de ne pas lui laisser sa chance.

J’ai personnellement pris du bon temps sur ce jeu de plateformes à l’ancienne. C’est certainement du à l’effet nostalgique. On trouve peu de jeux de plateformes du même genre sur PlayStation 4. La console de Sony est plus connue pour ses grosses productions que pour ces petits jeux indépendants. Pourtant l’époque « Spyro le Dragon », « Croc », ou encore « Crash Bandicoot » me manque et je ne dois pas être le seul.

J’espère que ce titre aura donné des idées à Playtonic Games et qu’ils pourront nous proposer quelque chose d’encore mieux la prochaine fois.

Ce que j’ai aimé :

  • Un jeu de plateformes à l’ancienne
  • Une liberté immédiate
  • Les dialogues amusants et les nombreuses références
  • Une bonne dose de nostalgie

Ce que je n’ai pas aimé :

  • Les voix insupportables dans les dialogues et dans le menu
  • La caméra capricieuse
  • Quelques PNJ en dessous des autres
  • Peu de variété dans le bestiaire

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur.

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